vendredi 29 juin 2007

La Machette - Édition de juin 2007

Montréal, le 25 mai 2007,

SOMMAIRE:

I. Éditorial

Nous rapprocher de l’intérieur

II. Revue de presse

PRESSE HAÏTIENNE
· Des syndicalistes français, en voyage sur l'île, se solidarisent avec les migrants haïtiens (GARR, 1er juin 2007)
· Voisins, mais pas amis (IPS, 20 juin 2007)

PRESSE DOMINICAINE:
· La République dominicaine n’est pas esclavagiste (juin 2007)
· Haïti et la République Dominicaine relancent le Programme Environnemental Transfrontalier (Clave Digital, juin 2007)

III. Nouvelles internes

· Suivi du lancement du livre ‘Marraine’
· Bienvenue à nos 3 nouveaux employés-étudiants
· Départ à la retraite d’André Leclerc
· Séminaire de formation en droits humains (ÉQUITAS)
· Demande de dons et de bénévoles

IV. Annonces communautaires

· Appuyez la campagne d’Amnistie Internationale
· 24ème voyage annuel - Faites l'expérience du Tiers monde 2007
· Katasoho, imprimerie et designIdées cadeaux


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I. Nous rapprocher de l'intérieur

Par M. Gahston Saint-Fleur

Vivre ensemble est une obligation, mais vivre en harmonie est un choix

Les gouvernements haïtiens et dominicains ont découvert une nouvelle tactique dans le processus de rapprochement des deux peuples. Il s´agît de la culture, la conscience collective des peuples. Nous rapprocher de l´intérieur, il s’agit là d’une très bonne idée.

Le 7 juin dernier, à l´occasion des activités de « Livres en folie », la fête du Livre à Port-au-Prince, c´était tout une surprise de constater la curiosité des jeunes haïtiens pour la littérature dominicaine, ses hommes de lettres, son histoire… des choses qu´ils ne connaissent que par bribes. Si à cela on ajoute la désinformation qui les accompagne, on finira par conclure qu´ils ne connaissent pas vraiment leurs voisins dominicains. Il en est de même de l´autre côté de l´île où certains politiciens de la vieille génération et des nationalistes outranciers et achroniques adaptent l´histoire commune des deux peuples au profit de leur permanence au pouvoir.

De la colonie en passant par la période de l´indépendance à nos jours, l´histoire des deux peuples ne s´est jamais séparée du tout. En voulant faire la différence par le carnage de 1937, le généralissime Leonidas Trujillo finit par la souder. Ce rapprochement à partir de la culture oblige, par la volonté régnant des deux côtés, une réécriture de cette histoire manipulée, mais cela doit aussi impliquer un effort pour laver l´image de l´haïtien comme « el haitiano », le premier ciblé quant à la perpétration des actes de délinquance.


Les Haïtiens sentent une attraction comme naturelle pour la bachata. Ils parlent avec une aisance surprenante de la bière Presidente qui suit les pas de sa langue sur tout le territoire voisin. Pendant que le français demeure encore une langue de salon dans les familles aisées et dans les grands collèges à Port-au-Prince, l´espagnol se convertit dans une langue de rue dans les villes de province. Une étude comparée en Haïti sur l´état de la population francophone par rapport aux hispanophones ferait, sans doute, des surprises par ses résultats. Reste aux plus curieux de se donner cette tâche aussi importante pour évaluer la vraie tendance de la société haïtienne de nos jours.

Que les Haïtiens parlent l´espagnol, géo-stratégiquement c´est important. Cela permettrait une meilleure intégration du pays dans la région. D´autre part, que l´on célèbre une semaine de la culture haïtienne à Santo Domingo et vice-versa, c´est aussi important. L´idée est bonne mais il faut repenser le modus operandi. Promouvoir l´image de Juan Bosch à Port-au-Prince, célébrer Jacques Roumain à Santo Domingo – comme il est prévu du 11 au 13 juillet prochain en présence des deux présidents, traduire des auteurs haïtiens en espagnol et des auteurs dominicains en français ou en créole, penser à l´organisation des festivals de la culture haïtienne à Santo Domingo avec la réciprocité de Port-au-Prince sous l´égide des deux gouvernements, c´est également important. Cependant il faut privilégier les zones vulnérables comme Hatillo Palma, les villes frontalières, les bateys, et les villes proches des zones de forte concentration haïtienne. D´autres part, la radio et la télé des moyens de promotion, ne devraient pas être exclues de ce projet de rapprochement de l´intérieur.

Il y a tout un intérêt de la part des jeunes d´un ou de l´autre côté pour pénétrer la musique, la littérature, les grands auteurs. Actuellement en Haïti, écouter la bachata ou le meringue ce n´est plus une affaire de campagnards haïtiens venants de « nan Panyòl ». La musique dominicaine s´écoute presque partout en Haïti, au centre ville comme aux environs de Port-au-Prince ; à Cité Soleil, à Matissant comme à Pétion-ville et ses quartiers avoisinants. On l´écoute même dans des émissions de radio locales.

Mais attention messieurs ! Il faut éviter que ce rapprochement se convertisse dans un processus d´absorption d´une culture par une autre. Souvenons-nous bien, l´économie et la culture sont toujours de connivence pour le mieux ou pour le pire. La peur du pluralisme culturel consiste dans cette attraction naturelle des citoyens en provenance des économies faibles pour la culture des économies fortes. Pensons aux relations Nord-Sud en ce qui a trait aux styles, les modes que nos jeunes imitent…. Nous devons penser de manière intégrale à ce phénomène de rapprochement pour pouvoir en obtenir de bons résultats, remplir des vides comme trop profonds qui ont créé l´éloignement ; ces vides qui demeurent encore. Parallèlement aux activités tendant à nous rapprocher, il faut penser à boucher les vides à travers l´exécution des programmes de toutes sortes. Les réponses aux questions suivantes pourraient servir de piste.

* Comment parler de rapprochement quand l´Haïtien continue à être le premier ciblé quant à la perpétration des actes de délinquance?
* Comment nous rapprocher quand les conditions de paiement varient d´un Haïtien à un Dominicain dans un même chantier de construction en faisant le même travail ?
* Nous rapprocher quand l´Haïtien est vu péjorativement comme « el haitiano» ?
* Nous rapprocher quand les efforts s´orientent à maintenir le statu quo dans les bateys et des chantiers de construction et des champs agricoles ?
* Ne serait-il pas mieux de nous approcher par un processus d´inclusion des descendants haïtiens dans la distributions des opportunités ?
* Pourquoi ne pas nous rapprocher dans les salles de classe ?
* Nous rapprocher par le corps ou par l´esprit et la conscience ?
* Comment nous rapprocher sans penser d´abord à la révocation de certaines lois dominicaines jugées anti-haïtiennes.
* Comment nous rapprocher quand la population haïtienne en République Dominicaine ne peut pas avoir même une émission de radio dans sa langue ?


Soyons sérieux mesdames et messieurs !

(Email de l'auteur: ayiti1@yahoo.com)

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II. Revue de presse

PRESSE HAÏTIENNE:


Des syndicalistes français, en voyage sur l'île, se solidarisent avec les migrants haïtiens

vendredi 1er juin 2007

Une délégation de 14 Français et Françaises dont des syndicalistes de l'Électricité et du Gaz de France (EDF-GDF), a séjourné sur l'île du 13 au 27 mai 2007.

Ce séjour a débuté en République Dominicaine où ils ont pris contact avec des organisations de droits humains telles que le Mouvement des Femmes Dominico-Haïtiennes (MUDHA) et la Plate-forme VIDA qui regroupe des organisations de base, des bateys sucriers et du sud dominicain. Dans la Province de Baharona, ils ont visité des bateys et rencontré des travailleurs migrants haïtiens.

Deux jours plus tard, les voyageurs français se sont dirigés vers Haïti en passant par la frontière de Malpasse. Là, ils ont été accueillis par une délégation composée des représentants du Groupe d'Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR), de la Fondation Aide aux enfants et la Mairie de Ganthier.

Peu de temps après, ils rencontraient les habitants de Fonbaya, un village d'ex-rapatriés situé non loin de la frontière de Malpasse. Pendant plus de deux heures, ils ont entendu des témoignages d'anciens travailleurs migrants en République Dominicaine et d'autres villageois sur les conditions de travail dans l'aire frontalière, la situation des femmes ainsi que les conditions d'accès à la scolarisation des enfants du village.

Après Fonbaya, les voyageurs-euses solidaires de France ont visité le Bureau du Projet d'eau potable de Fond Parisien récemment inauguré après deux ans de travaux coordonnés par le GARR et financés par l'Union Européenne (UE). Du 15 au 27 mai, ils ont découvert diverses localités du Sud, Sud-est (Fond des Blancs, Saint-Michel du Sud, Jacmel) et du Nord d'Haïti où ils ont rencontré, au Cap Haïtien, les responsables de l'Orphelinat Bon Berger.

Au terme de cette tournée, le chef de la délégation française, William Rondeau, a fait part de son intention d'alerter l'opinion publique en France sur les dures réalités découvertes sur l'île, en particulier celles des travailleurs migrants haïtiens en République Dominicaine.

Cette visite placée sous le thème : " Voyage solidaire en Haïti " a été planifiée par la Caisse Complémentaire et d'Actions Sociales (CCAS) des électriciens et gaziers de France. " Le but de la CCAS c'est de faire découvrir les problèmes liés au Nord et au Sud…, " a expliqué Rondeau.

Pour sa part, un autre voyageur, Bernard Monnier a confié au GARR que cette tournée en Haïti " a failli être annulée, en raison de la situation haïtienne et de tout ce qui se dit sur Haïti. " Selon Monnier, " La CCAS devra aller plus loin que cette simple rencontre- tenue dans le cadre d'un séjour-vacances- et s'engager un peu plus dans l'action solidarité, ".

Le 27 mai, la délégation est repartie pour la France où se poursuit avec un intérêt croissant l'Exposition de photos "Esclaves au Paradis" retraçant le vécu des travailleurs migrants haïtiens dans les plantations sucrières dominicaines.

Com GARR []
Source: GARRA http://www.garr-haiti.org/spip.php?article148%0CVoisins



Voisins, mais pas amis

Haïti-République dominicaine

20 juin 2007Par Elizabeth Eames Roebling



Santo Domingo, 20 juin (IPS) – Au cours d’un voyage récent en provenance de Pedernales, la province la plus au sud, à la frontière d’Haïti et de la République dominicaine, les autorités dominicaines ont inspecté le même autobus une douzaine de fois.

Deux passagères, voyageant avec leurs enfants et leur carte d’identité dominicaine, ont été victimes de plusieurs inspections. Une d’elles, accusées d’être en possession de mauvais documents, a vivement protesté, mais toujours d’un ton respectueux, contre les gardes frontaliers.

Ce haut niveau de sécurité est le résultat de rapports affirmant que des Haïtiens passent la frontière en achetant les gardes frontaliers, et aussi d’une vague de protestation de Dominicains, craintifs de voir leur pays envahi par des immigrants haïtiens fuyant la pauvreté et la dégradation environnementale.

En réponse à ces protestations, le gouvernement dominicain a augmenté le salaire des gardes frontaliers et a lancé une nouvelle force militaire frontalière qui a récemment exécuter des exercices d’entraînement visant à contrôler et diminuer le flux massif de réfugiés haïtiens.

Des officiers du gouvernement arrêtent maintenant des autobus directement à la frontière haïtienne, avant qu’ils n’entrent dans leur pays.

La majorité des passagers en provenance de Pedernales a présenté des passeports haïtiens qui leur ont coûté 75 dollars chacun, ce qui représente environ 15% du salaire national moyen. Aussi, ils ont montré des visas à simple et multiples entrées, qui leur ont coûté entre 33 et 150 dollars.

Des passagers de l’autobus ont confirmé que jusqu’à récemment, il était possible d’entrer au pays simplement en achetant le chauffeur qui négociait ensuite avec les gardes frontaliers.

« On venait avec rien, sans papiers, seulement avec de l’argent » explique une femme. « Maintenant on doit avoir des papiers. »

Les hommes haïtiens ont dit qu’ils venaient pour travailler, et qu’il n’y avait pas de travail en Haïti. Mais aucun de leurs visas ne leur donnaient le droit de travailler.

Une nouvelle loi, qui normaliserait le statut des travailleurs saisonniers, est passé en 2004 mais nécessite encore l’approbation présidentielle pour être implémentée. La République dominicaine dépend en grande partie des travailleurs haïtiens, qui représentent environ 60% de la main d’œuvre dans les secteurs de l’agriculture et de la construction. Peu des nouveaux arrivants haïtiens viennent chercher un travail dans les champs de canne à sucre, préférant vivre dans les villes, ou chercher un autre type de travail agricole.

La République dominicaine a été accusée d’esclavage moderne dans deux films à propos des conditions de vie des travailleurs de la canne à sucre, présentés en France et aux États-Unis. Il y a aussi eu des rapports négatifs par Amnistie International ainsi qu’une campagne nationale et internationale à propos des sans papiers dominico-haïtiens.

Une conséquence de ces actions a été un regain de ferveur nationaliste. Les voix modérées ont été remplacées dans les journaux locaux qui publient maintenant quantité de lettres exprimant la peur de Dominicains que leur nation, traditionnellement « blanche, espagnole et chrétienne » sera bientôt envahie et dominée par des Haïtiens, de qui ils se sont affranchis pour acquérir leur indépendance en 1844.

Les accusations d’abus contre les immigrants haïtiens ont été interprété par beaucoup comme des attaques contre toute la nation. L’industrie sucrière a été privatisée en 1999, mais le sucre et ses produits dérivés comme le rhum ont été depuis plusieurs siècles la base de l’économie dominicaine. L’industrie touristique est maintenant leur économie la plus développée mais elle craint que des sanctions et des boycotts affectent ses revenus.

Suivant un accord de 10 ans à la Cour internationale des droits humains au Costa Rica, un bras judiciaire de l’Organisation des états américains, la Cour suprême dominicaine a déclaré de nouveau sa souveraineté en affirmant qu’elle n’accorderait pas la citoyenneté aux enfants de travaillants illégaux, comme la Cour l’avait recommandée, mais instaurerait à sa place un « livre rose » pour l’inscription des naissances d’enfants d’origine étrangère. Edwin Paraison, directeur de la Fondation Zile, et ancien consul haïtien qui travaille pour les droits des Haïtiens en République dominicaine, appuie l’initiative du « livre rose ».

Il croit que les travailleurs de la canne à sucre vivent effectivement dans des conditions d’esclavage moderne, mais en parlant du « livre rose », Paraison affirme : « Il s’agit d’un premier pas. Au moins les enfants auront une attestation de naissance, et on peut travailler à partir de là, pour obtenir des documents officiels, d’Haïti ou d’ici. »

« Il y a environ 600 000 Haïtiens qui vivent dans ce pays, mais seulement 5 ou 6 000 d’entre eux ont un statut légal en règle » explique Paraison.

Tous les autres vivent dans des conditions d’insécurité, sujet à des déportations à tout moment. Néanmoins, les déportations massives d’Haïtiens ont ralenti, pour un total de 5 000 dans les 5 premiers mois de cette année, par rapport aux 20 000 de l’année dernière.

Paraison incite aussi l’implémentation d’une nouvelle loi sur l’immigration. « Les dirigeants appellent la police pour déporter les travailleurs haïtiens pour éviter de devoir les payer » ajoute-t-il.

Cet abus a été confirmé par Luis Manuel Ramirez, représentant de l’Organisation internationale de la migration (OIM), basée à Genève.

« Les employeurs appellent souvent la police pour déporter des Haïtiens et ainsi éviter de devoir les payer, c’est vrai » a-t-il expliqué à l’IPS.

Travaillant avec le gouvernement dominicain à partir du bureau local de Santo Domingo pour s’assurer que les déportations sont effectuées de manière décente, et que les déportés puissent récolter leur paye et contacter leur famille, Ramirez explique : « Les choses vont un peu mieux depuis les deux dernières années. Ils sont transportés en autobus, et non plus en camions. Ils sont nourris pendant leur détention. Moins d’enfants sont pris. »

Alors que l’OIM n’adopte pas de position quant à la citoyenneté, estimant qu’il s’agit là d’un problème de politique domestique, Ramirez croit que les « conditions s’amélioreront une fois qu’une nouvelle loi sera implémentée. »

Contrairement à l’impression que tous les Haïtiens vivent dans des conditions atroces en République dominicaine, les données suggèrent que la majorité d’entre eux vit dans les mêmes conditions que leur contrepartie dominicaine pauvre.

Un sondage nationale (Enquête sur les immigrants haïtiens en République dominicaine, 2004 par FLACSO, la Faculté latino-américaine de sciences sociales) de représentants de 40 000 foyers a révélé que plus de 70% des Haïtiens vivent avec l’électricité, des lits matelassés, des toilettes et de l’eau publique courante. (FIN/´2007)
http://www.elizabetheames.blogspot.com/


PRESSE DOMINICAINE:

Esclavage moderne

La République Dominicaine n’est pas esclavagiste



À chaque année, trois cent mille Français traversent l’Atlantique pour découvrir les merveilles de la République Dominicaine. La beauté et la variété des paysages offerts par notre pays ne sont pas seules à expliquer son immense succès. Notre pays est aussi accueillant par la douceur et l’amabilité du peuple dominicain.

Les touristes qui visitent nos hôtels sont servis par des Dominicains, mais aussi par plusieurs immigrants qui proviennent d’Haïti, pays avec lequel nous partageons l’île de La Española. En effet, près d’un million d’Haïtiens vivent en République Dominicaine.

Dans une grande majorité, les Haïtiens qui vivent dans notre pays travaillent à la construction, au tourisme, dans de petits commerces et le service à domicile. Ils représentent 15% de la population haïtienne et 10% de la nôtre. Tous partagent les mêmes conditions de vie de millions de dominicains.

Vue à partir de l’Europe, cette migration qui rejoint des niveaux incroyables a une explication : la République Dominicaine représente, malheureusement, l’unique façon de fuir la misère et la violence endémiques d’Haïti, pays le plus pauvre d’Amérique, où le taux de chômage dépasse le 50%.

Historiquement, les Haïtiens se sont unis aux travailleurs agricoles dominicains pour la récolte de la canne à sucre. Aujourd’hui, avec la disparition de plusieurs industries sucrières et la mécanisation de la coupe de la canne à sucre, à peine quelques 10,000 travailleurs continuent de réaliser ce travail.

Normalement, tous vivent dans les petits villages agricoles des industries appelés «bateyes». La population de ces communautés ne dépasse pas les 20,000 personnes, ce qui est à peine 2% de la population haïtienne résidante dans notre pays.

Dans plusieurs bateyes, les services d’électricité et d’eau sont offerts gratuitement, ainsi que l’accès aux centres scolaires et aux postes de santé. Cependant, ces améliorations n’ont pas pu être réalisées partout.

Dernièrement, des documentaires, une exposition photographique et la publication d’un livre, tous avec la mention «esclaves au paradis», cherchent à salir l’image de la République Dominicaine auprès des Français. Leurs organisateurs nous accusent de traiter comme des esclaves les Haïtiens qui travaillent ou ont travaillé aux récoltes des plantations sucrières.

Avec des chiffres inexacts et des mensonges flagrants, les promoteurs de ces évènements accusent notre peuple de façon irresponsable . Et même ils disent que plus de 500,000 Haïtiens sont confinés dans les bateyes, quand en réalité les 10,000 qui vivent dans ces communautés ont toute liberté de mouvement et peuvent retourner dans leur pays quand ils le désirent.

Les graves calomnies proliférées sur les conditions de travail, en les assimilant à de l’esclavage ou en comparant les bateyes à des camps de concentration, non seulement donnent une fausse information, sinon qu’ils diffament une nation.

Amnistie Internationale, un des promoteurs de ces évènements, a dû rappeler publiquement que jamais il avait admis qu’il existait de l’esclavage ou des camps de concentration en République Dominicaine.

Plusieurs images de ces documentaires, furent prises dans des bateyes abandonnés ou occupés par des immigrants illégaux, ce qui démontre la mauvaise foi ou l’ignorance des réalisateurs de ceux-ci. Quiconque visite ces communautés et réalise par soi-même la complexité de cette problématique, saura ce que nous voulons dire par ceci.

Cette campagne de haine, dont les avantages n’iront pas aux mains des Haïtiens indigents, pourrait avoir des effets pervers si nous n’agissons pas avec énergie et dénonçons une par une toutes ces faussetés. Nos deux peuples ont réussi à vivre ensemble de façon exemplaire, malgré les contextes géographiques, historiques et démographiques qui nous distinguent.

La République Dominicaine ne cesse pas de clamer dans tous les forums internationaux pour que la communauté internationale contribue d’une manière décisive au processus de reconstruction d’Haïti y à la consolidation de la paix et de la démocratie dans ce pays.

Dernièrement, notre Gouvernement a réussi un engagement de plus de 250 millions de dollars de financement international en faveur d’Haïti. Nous faisons un appel spécial à la France pour qu’elle soit à la tête des efforts de l’Union Européenne dans ce long processus.

Carlos Morales Troncoso, Chancelier de la République Dominicaine



Haïtí et la République Dominicaine relancent le Programme Environnemental Transfrontalier

Lery Laura Piña/Especial para Clave Digitalhttp://www.clavedigital.com.do/Portada/Articulo.asp?Id_Articulo=10189
JIMANÍ, Province Independencia.- Les ministres de l’Environnement d’Haïti et de la République Dominicaine, Jean Marie Claude Germain et Max Puig, présentèrent ce mercredi-ci la relance du Programme Environnemental Transfrontalier, dont le but est d’appliquer des politiques bilatérales pour protéger, valoriser et utiliser la bio diversité au bénéfice des peuples frontaliers.

Le programme qui sera développé dans les zones près des lacs Azuei et Enriquillo sera financé par la Communauté Européenne, par l’intermédiaire du Bureau de Fonds Européens pour le Développement. Même s’ils commencent avec deux millions cinq cent mille Euros, c’est-à-dire, 108.2 millions de pesos, les organisateurs souhaitent que cette quantité augmente au fur et à mesure que les autorités municipales, les Organisations Non Gouvernementales et la communauté s’intègrent au processus.

Les fonds seront divisés de la façon suivante: 1, 362, 400 Euros pour Haïti, ce qui équivaut à 58.9 millions de pesos; et 1,137,600 Euros pour la République Dominicaine, équivalant à 49.2 millions de pesos.Lors d’une entrevue sur les objectifs du projet, le secrétaire de l’Environnement dominicain, Max Puig, a dit que des actions étaient prévues pour améliorer la qualité de vie des habitants de la zone frontalière. Il donna comme exemples la construction de routes et l’assainissement de l’environnement. «Améliorer l’environnement suppose l’amélioration de la qualité de vie des personnes, il n’y a pas d’environnement si les gens vivent dans des conditions d’extrême pauvreté», a-t-il souligné.

Le Programme Environnemental Transfrontalier fait partie d’une entente de financement entre la communauté Européenne et le Forum des Pays ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifique) des Caraïbes, signé à Bruxelles, Belgique, le 23 octobre 2006.

Son lancement inaugure les activités du mois de l’environnement, qui débute le 5 juin avec la commémoration de la Journée Mondiale de l’Environnement et se termine le 5 juillet.

Responsabilité conjointe

Lors du lancement du projet, réalisé dans le « Ayuntamiento Municipal de Jimaní», Max Puig exhorta la société à participer au problème de l’environnement et souligna que ce n’est pas la responsabilité exclusive du secrétariat qui en a la direction.
Il a dit que «l’environnement est un thème qui doit être traité par le Gouvernement et son ensemble à partir d’une perspective transversale. Même s’il y a un Secrétariat d’État de l’Environnement, tous les secrétariats de l’état, les universités et les organisations de la société civile doivent travailler pour l’environnement».

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III. Nouvelles internes

SUIVI DU LANCEMENT DU LIVRE MARRAINE

Par Ilionor Louis,

Montréal, le 11 juin 2007

Le Comité québécois pour la reconnaissance des droits des travailleurs haïtiens en République dominicaine (Comité québécois) ainsi que le Comité chrétien pour les droits humains en Amérique Latine (CDHAL) ont organisé, la semaine dernière, le lancement à Montréal du roman d’Hélène KOSCIELNIAK intitulé Marraine, publié aux éditions l’Interligne à Ottawa. Cette œuvre monumentale d’environ 550 pages relate l’histoire d’une femme québécoise qui décide de parrainer un enfant haïtien en République dominicaine, et qui décide, par l’intermédiaire du travail de son mari, d’aller sur place pour voir l’enfant et sa mère. Animée par un profond amour, elle fait rapidement face à la dure réalité des bateyes. L’auteure décrit, donc, les injustices sociales et économiques dont sont victimes les travailleurs haïtiens en République dominicaine, dans cette histoire colorée, vivante et humaine. Ainsi donc, le lecteur, tout en étant attiré par une histoire qui relève de la fiction, prend conscience de la situation en République dominicaine et en Haïti.

Cet événement a été l’occasion aussi pour M. Frantz Voltaire de présenter Mémoire de révolution d’esclaves à Saint-Domingue, un ouvrage édité par CIDIHCA et dirigé par M. Franklin Midy, professeur titulaire au département de sociologie à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Dans la foulée, M. Mauricio R. Alfaro a présenté aussi son livre intitulé «Crise démocratique en Amérique Latine, le cas du Salvador ». Cette activité a attiré autant la communauté québécoise que la communauté haïtienne. Des personnalités du monde universitaire québécois, des médias, des associations d’écrivains ainsi que des groupes de pression aux États-Unis y ont pris part. C’est un nouveau pas dans la bonne direction. À l’instar de certains cinéastes qui se sont rendus sur place en République dominicaine pour constater et parfois vivre la misère des travailleurs à la peau foncée dans les champs de canne et des chantiers de construction, Koscielniak a fait le voyage pour observer les mauvaises conditions de vie et d’existence d’une autre catégorie de cette population : les enfants. J’aime, chaque fois que j’ai l’opportunité d’aborder la problématique des enfants en situation difficile en République dominicaine, évoquer la définition de la traite des personnes. Il est dit que la « traite des personnes » désigne le recrutement, le transport, le transfert, l’hébergement ou l’accueil de personnes, par la menace de recours ou le recours à la force ou à d’autres formes de contrainte, par enlèvement, fraude, tromperie, abus d’autorité ou d’une situation de vulnérabilité, ou par l’offre ou l’acceptation de paiements ou d’avantages pour obtenir le consentement d’une personne ayant autorité sur une autre aux fins d’exploitation. L’exploitation comprend, au minimum, l’exploitation de la prostitution d’autrui ou d’autres formes d’exploitation sexuelle, le travail ou les services forcés, l’esclavage ou les pratiques analogues à l’esclavage, la servitude ou le prélèvement d’organes ». Aux alinéas (c) et (d) de l’article, il est dit que « le recrutement, le transport, le transfert, l’hébergement ou l’accueil d’un enfant aux fins d’exploitation sont considérés comme une « traite des personnes » même s’ils ne font appel à aucun des moyens énoncés à l’alinéa a) du présent article. Le terme « enfant », selon l’alinéa (d), désigne toute personne âgée de moins de 18 ans. C’est une définition formulée par le « Protocole additionnel à la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants ».
Ce roman nous fait penser au moins à deux éléments. Premièrement les conditions de vie des enfants pauvres, notamment les petits haïtiens en République dominicaine. Cela rappelle tristement la traite des personnes, pour ne pas dire la traite négrière. Ce sont des enfants importés d’Haïti, pour la plupart, et que des pervers introduisent dans la servitude et/ou la prostitution. Ces enfants font l’expérience des adultes avant même d’avoir atteint leur âge minimal. On dénie à ceux qui sont sur la terre métisse, la nationalité dominicaine. Ils n’ont pas de certificat de naissance, et cela leur empêche de se rendre à l’école ou d’avoir un dossier médical dans un centre hospitalier. Ils devraient selon le vœu implicite des autorités dominicaines comme de petits animaux qui ne sauront ni lire, ni écrire et qui seront livrés à la merci de la nature pour leur soins de santé. Évidemment, il n’y a pas que les enfants des pauvres travailleurs haïtiens à ne pas pouvoir se rendre à l’école et/ ou à bénéficier de soins de santé précaires. Des Dominicains de souche qui croupissent dans la misère, il y en a en République dominicaine. Des enfants qui ne peuvent pas se rendre à l’école dans ce pays, il n’en manque pas. Mais ils ont au moins un certificat de naissance, ne naissent pas n’importe comment dans un taudis au milieu d’un champ de canne à sucre, ne meurent pas de n’importe quoi. Le cas des enfants issus de travailleurs haïtiens vivant dans une situation d’esclavage est particulier. La lettre adressée au président de la République dominicaine le 8 mars 2006 par Amnesty International rapporte que le corps d’une jeune haïtienne de 7 ans, Iliana Magolé Pierre - un enfant - a été découvert le 22 septembre 2005 dans une rizière d’Esperanza dans la région de Mao, province de Valverde. Elle a été violée et son corps a été découpé en morceaux. Auparavant, soit le 23 mai 2005, les sœurs Lilian et Ana Luz Pierre ont été battues à mort et poignardées à Puerto Plata. Le livre de Koscielniak nous permet de penser au moins à ces petits êtres humains violés, meurtris, maltraités et à qui l’État dominicain refuse, par-dessus tout, au nom d’un nationalisme instinctif, le droit à la dignité humaine.

Deuxièmement, il se dégage dans ce roman, la solidarité entre deux femmes de culture et de classe sociale différentes. C’est la dimension humaniste et féministe de l’ouvrage. Il ne s’agit pas d’un humanisme « humanitaire » au sens des rapports entre possédants charitables et défavorisés misérables, mais un humanisme qui nous renvoie à ce dicton créole « tout moun se moun » (tout être humain a droit à la dignité humaine ». Sur une des premières pages de ce roman, d’ailleurs est écrit ce proverbe qui en dit long sur la détermination des Haïtiens, au plan historique, de lutter non seulement pour abolir l’esclavage mais pour apporter à l’humanité entière ce message que « tout être humain a droit à la dignité humaine » en prônant sur le plan des idées, l’abolition de l’esclavage dans le monde entier et en aidant, dans la pratique, d’autres peuples à se libérer du joug de l’esclavage, de la ségrégation et de la colonisation. Ce roman interpelle la conscience de tous les combattants pour la liberté et le respect des droits humains à manifester leur solidarité avec les travailleurs haïtiens en République dominicaine, notamment contre la traite des enfants. Il invite aussi les féministes du monde entier à dire non à la traite des femmes dans ce pays. La lutte pour l’égalité de l’homme et de la femme, indépendamment des classes sociales et des niveaux de culture est d’abord une lutte pour le respect de la dignité humaine. Si on devient femme, on naît humain. Donc, indépendamment des frontières nationales et géographiques et des appartenances de classe, la souffrance d’une femme en tant que femme, la souffrance d’une mère en tant que mère est celle de toutes les femmes et celle de toutes les mères. C’est ce message implicite qui se dégage du roman d’Hélène Koscielniak et que nous devrions appliquer dans notre combat contre les injustices, la domination, l’exploitation, bref la traite des personnes quels que soient la couleur de leur peau, leur sexe, leurs origines ethniques et leur place dans le processus de production. C’est un pas dans la bonne direction pour le respect de la dignité humaine, car on ne devient pas être humain, on naît en tant que tel.



BIENVENUE À NOS 3 EMPLOYÉS-ÉTUDIANTS

Nous profitons de cette édition de La Machette pour souhaiter la bienvenue à nos 3 nouveaux employés. Il s’agit de trois étudiants qui seront en poste jusqu’à la fin du mois d’août. Nous espérons qu’ils permettront au Comité québécois de reprendre un peu de fraîcheur et de jeunesse. Ils sont :
* Aboubacar Camara : poste de commis comptable; il est étudiant au HEC en comptabilité;
* Blandine Sala : poste de soutien administratif; elle a terminé un programme de gestion internationale au HEC et entreprendra des études de droit à l’Université de Montréal en septembre prochain;
* Kamba Ndinga Oba : poste de travailleur des services communautaires et sociaux; elle est étudiante en administration des affaires à l’UQAM.


DÉPART À LA RETRAITE D'ANDRÉ LECLERC

André Leclerc, responsable des relations internationales de la FTQ et ami proche du Comité prend sa retraire après 40 ans de service au sein de la FTQ. Son amitié avec le Comité a permis notamment dans la réalisation du projet de formation syndicale de plusieurs travailleurs haïtiens de la République dominicaine. Aussi, on peut mentionner son implication dans le lancement du CD de musique et de la cassette « Sucre amer ».
Nous voulons d’abord le remercier pour tout son travail et lui souhaiter une excellente retraite.

SÉMINAIRE EN FORMATION EN DROITS HUMAINS (EQUITAS)

EQUITAS a organisé un séminaire de formation en droits humains à Montréal, du 10 au 29 juin. Notons la participation de M. Pedro Cuevas du CEDAIL (Centro dominicano de asesoria e investigaciones legales), ainsi que la présence d’un délégué du GARR, M. Joseph Wilkens Nelson. Nous voulons souligner leur participation, et leur souhaiter un bon séminaire.
Pour plus d’informations sur le séminaire et sur ÉQUITAS, veuillez consulter le lien suivant :
http://equitas.org/francais/programmes/pifdp.php

DEMANDE DE DONS ET DE BÉNÉVOLES

Nous lançons un appel à tous nos membres et sympathisants afin de recueillir vos dons de toutes sortes, matériels ou financiers. En tant qu’organisme à but non lucratif, nous comptons beaucoup sur votre générosité. Si vous préférez plutôt donner du temps, sachez que le Comité québécois est à la recherche de bénévoles pour des tâches en bureautique ou en soutien général. N’hésitez pas à faire circuler le mot dans votre entourage! Pour faire un don au Comité québécois ou pour obtenir plus d’informations, veuillez communiquer avec nous par téléphone au (514) 523-2434. Pour recevoir un reçu de charité, déductible d’impôt, veuillez SVP libeller votre chèque à l’ordre de Comité haïtien / Paroisse Sacré-Cœur.



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IV. Annonces communautaires:


APPUYEZ LA CAMPAGNE D’AMNISTIE INTERNATIONALE POUR LES DROITS DES TRAVAILLEURS HAÏTIENS EN RÉPUBLIQUE DOMINICAINE

Veuillez appuyer la nouvelle campagne d’Amnistie International sur les droits des travailleurs haïtiens en République dominicaine, et de leur descendance. Voici tous les renseignements relatifs à cette campagne :

La campagne :
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Cette année, la section internationale AI a lancé une campagne concernant les droits des haïtiens et de leurs descendants travaillant en République dominicaine :
Une petite vidéo résume la situation : http://emedia.amnesty.org/dominicanrep-200307-fra.ram
Des pages sont dédiées à la campagne :
http://web.amnesty.org/library/Index/FRAAMR270012007?open&of=FRA-DOM
http://web.amnesty.org/pages/dom-210307-feature-fra (avec la vidéo)
Un miroir a été fait sur le site canadien : http://www.amnistie.ca/content/view/10386/389

Les actions :
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1. Une pétition a été mise en ligne sur le site : http://www.amnistie.ca/petitions/haiti.Le sujet de cette pétition est centrée sur le droit des enfants d'origine haïtienne d'avoir une nationalité qui leur ouvrirait les portes des écoles et leur fermerait celles de l'esclavage. Un résumé de la situation est lisible ici: http://www.amnistie.ca/content/view/10438/2542. Il est aussi prévu un événement dont la taille dépendra bien sûr des ressources disponibles :
* une expo photos d'un photographe dominicain, Gianni Dal Mas, prêtant ses photos pour AI (ces photos sont visibles sur le site suivant : flickr.com/photos/giannidalmas/sets/72057594137067022/show)
* un autre photographe prête aussi ses photos Céline Anaya-Guatier (ces photos sont visibles sur le site suivant : http://www.esclavesauparadis.org/)
* il pourrait même y avoir des films "The price of sugar", "Il inferno del zucchero"La date de cet événement n'est pas encore fixée, sûrement en fin d'année.Des groupes AI à Ottawa et Toronto seraient aussi intéressés par cet événement.

24ème VOYAGE ANNUEL : FAITES L'EXPÉRIENCE DU TIERS MONDE 2007

Semaine du 2 au 7 juillet 2007
Passez une semaine dans les bateyes de la République dominicaine.L'hébergement et les repas sont offerts près des bateyes dans un collège résidentiel pour enseignants dirigé par des religieuses.Renseignements : suzanne.hope@sympatico.ca

KATASOHO, Imprimerie et design

Pour tous vos besoins d’impression, contactez Chadi Marouf, designer :,6300, ave. du Parc, suite 312, Montréal. Tél. (514) 788-1661, Cellulaire: (514) 961-5238, Courriel : chadi@katasoho.com. Site Internet : www.katasoho.com

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Prochaine édition de La Machette
La prochaine édition de La Machette sera publiée le vendredi 29 juin 2007.
Annonces, questions, commentaires, suggestions? N’hésitez pas à communiquer avec nous!
Pour appuyer l’action du Comité québécois, nous vous invitons à naviguer sur notre site Web et vous demandons d'encourager vos amis à en faire autant aux adresses suivantes : www.geocities.com/cqrd; www.multimania.com/cqrdthrd et http://lamachette.blogspot.com/

Équipe de La Machette
Édition : Pérard Joseph;
Éditorial : Gahston Saint-Fleur;
Coordination : Romain Angeles;
Rédaction : Romain Angeles;
Révision et correction : Romain Angeles, Pérard Joseph, Simone Hénault;
Recherche : René Viaud, Mélanie Lippé, Nourredine Salhi, Edwin Paraison, Romain Angeles
Collaboration : Tess Brais-Laflamme, Ilionor Louis, Radio Classique Inter.
Traduction : Simone Hénault.
Conception graphique : Antoine Dang-vu, Dru Oja Jay,Documentation site Internet : Maxime Dallaire, Dru Oja Jay,Blog officiel de La Machette : http://lamachette.blogspot.com/Archives des anciens numéros : www.geocities.com/cqrd



Pour des raisons d’allégement de texte, le masculin a été uniquement utilisé.

vendredi 25 mai 2007

La Machette - Édition de mai 2007

Montréal, le 25 mai 2007,

SOMMAIRE:

I. Éditorial

Esclaves au paradis : qui sont-ils? Où sont-ils?

II. Revue de presse

PRESSE HAÏTIENNE
• Haïti-République dominicaine : les deux discours du gouvernement dominicain sur Haïti (AlterPresse, 22 mai 2007)
• Défense des droits du travail en Haïti et critique de la législation américaine H.O.P.E. (HaitianAnalysis.Com, 9 mai 2007)

PRESSE DOMINICAINE
• Le Père Edwin Paraison prononce une conférence magistrale lors de la commémoration du Jour du Drapeau, organisée par l’Association des Étudiants Haïtiens en République dominicaine (ESPACINSULAR, 21 mai 2007)
• L’ex-ambassadeur haïtien, Guy Alexandre, dénonce l’idéologie anti-haïtienne en République dominicaine (ESPACINSULAR, 17 mai 2007)

III. Nouvelles internes

• Rappel du lancement de livres
• 3 postes à combler au Comité québécois
• Demande de dons et de bénévoles

IV. Annonces communautaires

• 24ème voyage annuel - Faites l'expérience du Tiers monde 2007
• Katasoho, imprimerie et design
• Idées cadeaux


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I. Esclaves au paradis : qui sont-ils? Où sont-ils?

Par M. Gahston Saint-Fleur

La Machette est fière d’annoncer à ses fidèles lecteurs la collaboration ponctuelle de son nouvel éditorialiste, M. Gahston Saint-Fleur, Haïtien d’origine qui vit en République dominicaine depuis plusieurs années. Il est professeur d’université et apportera une analyse fraîche et détaillée sur la condition haïtienne en République dominicaine. Nous vous laissons le plaisir de le découvrir à travers ses éditoriaux.

Une fois de plus les Haïtiens ne sont pas d’accord. L’exposition photographique Esclaves au paradis, de la péruvo-française Céline Anaya à Paris, a posé la question suivante : est-ce que les Haïtiens en République dominicaine vivent dans l’esclavage? Face à cette exposition, l’opinion publique haïtienne se contredit.

La République dominicaine est, quant à elle, scandalisée, et se sent trompée et prise au dépourvu. Antonio Abreu, du consulat dominicain à Paris, profite de l’occasion pour défendre la conscience de son pays, au grand plaisir des dirigeants du parti et de son gouvernement.

Tant les politiciens dominicains que les citoyens connaissent ce problème haïtien. On peut citer à ce sujet le candidat éventuel à la présidence pour le Parti Réformiste Social Chrétien (PRSC), Luis Torral : « dans les jours à venir, on verra comment le gouvernement usera du thème haïtien pour détourner l’attention publique. » Est-ce que l’exposition à Paris s’inscrivait dans cette stratégie? C’est peu probable.

Cette exposition n’a en fait profité à aucun politicien. Pour cette raison, il est assez facile de conclure que l’exposition n’était pas un coup monté.

Par contre, la couverture médiatique de cette exposition aurait pu bénéficier à Solange Pierre, dite Sonia, directrice du MUDHA (organisme pour la défense des droits des femmes d’origine haïtienne en République dominicain) qui est en convalescence après son opération aux États-Unis. Mais son repos ne fut que de très courte durée, avec le retour en force de menaces d’apatride de la part du gouvernement envers elle.

L’exposition a fait écho dans son pays d’origine. Tout d’abord, ce sont les Vicini, l’une des grandes familles sucrières de République dominicaine, qui se sent attaquée personnellement, et a rapidement réagit publiquement à la polémique. La famille Vicini a réussit à travers l’histoire du pays à se frayer un chemin important dans l’économie et la politique de la société dominicaine. Qui sont ceux qui se sentent menacer? Monsieur Félix Jiménez, dit Felucho, Secrétaire d’État au tourisme? Ou alors Monsieur Carlos Morales Troncoso, de la Chancellerie dominicaine? S’ils n’ont rien fait, de quoi ont-ils peur? Comme le dit le proverbe dominicain Quien no tiene hecha, no tiene sospecha, c’est-à-dire « qui n’a rien fait, n’a rien à craindre. »

Pour amener de la lumière sur ce problème, posons ces questions à l’opinion publique haïtienne :

- à ceux qui disent qu’il n’y a pas d’esclavage envers les Haïtiens en République dominicaine : avez-vous déjà vécu dans un batey? Avez-vous déjà visité un batey? Avez-vous déjà parlé à un de ces résident? Si vous aviez fait toutes ces choses, et que vous ne vous mentiez pas à vous-mêmes, vous conclurez rapidement que c’est de l’esclavage.
- à ceux qui disent que tous les Haïtiens sont tenus en esclavage en République dominicaine, ne savez-vous pas que dans ce pays, il existe des Haïtiens salariés qui occupent des postes de direction dans des entreprises dominicaines, et qui jouissent de conditions de travail qui leur permettent d’être vraiment libre?
- à vous deux : ne savez-vous pas aussi que certains coupeurs de canne, une fois revenus en Haïti, décident volontairement de retourner travailler dans les champs de République dominicaine? (Ça en dit long sur leur condition de vie dans leur pays d’origine!)

Qui sont les vrais esclaves? Et qu’est-ce qui définit le paradis?

Projeter une image de l’immigration haïtienne en mettant exclusivement en évidence les réalités des coupeurs de cannes et des travailleurs agricoles ou de construction, n’est-ce pas vouloir négliger les efforts d’un groupe de professionnels haïtiens immigrés qui ont su s’insérer dans le marché du travail en République dominicaine sans pour autant renier leur nationalité? N’est-ce pas contribuer à l’image déjà distordue d’Haïti comme grand exportateur de main d’œuvre non qualifiée?

D’où la difficulté de répondre catégoriquement à la question posée par l’exposition : est-ce que les Haïtiens qui vivent en République dominicaine sont maintenus en esclavage? Il s’agit d’une difficulté que les groupes radicaux de gauche et de droite outrepassent sans hésitation. Les ministres, les ambassadeurs et les présidents des deux pays voisins n’y font pas exception : le problème se définit en quelques mots, et l’analyse est vite terminée. Le président haïtien en a fait la démonstration lors de sa dernière visite dans le territoire dominicain. Et de son côté le chef de la Mission diplomatique dominicaine n’en fait pas moins lors de ses interventions dans la presse de l’île Quisqueya.

Une chose est sûre : en République dominicaine, beaucoup d’Haïtiens vivent dans des conditions critiques, notamment ceux qui vivent dans ce qu’on surnomme improprement batey. Le mot batey, étymologiquement, est l’équivalent du mot bourg au Moyen-Âge, et du terme moderne ville.

Ces Haïtiens qui travaillent la canne à sucre peuvent aller jusqu’à accepter leur condition, d’une part parce qu’ils manquent d’éducation, et d’autre part parce qu’ils estiment que leur vie en Haïti est pire. Mais en vivant dans ces conditions et en les acceptant, ils se refusent tout droit à la liberté et au changement, et vouent leurs enfants au même sort. Chaque être humain devrait avoir cette même liberté à la naissance pour pouvoir réaliser ces rêves. Pour cette raison, leurs conditions doivent être améliorées.

Mais une autre réalité s’insère dans ce problème : la compassion des Dominicains envers les Haïtiens est souvent mise à l’épreuve par le climat d’insécurité qui règne dans certaines régions du pays. On peut mentionner à ce titre la mort d’un honnête citoyen dominicain, très âgé : Rafael Santana, de la ville de Hota Mayor, au début du mois. Il a été retrouvé mort après avoir été attaqué violemment par des armes blanches, et sa maison a été complètement dépouillée, incluant ses meubles. On dit que les coupables sont deux paysans haïtiens qui travaillaient dans les champs du défunt. Ils auraient été vus le lendemain matin du crime, partant de la région, sacs au dos.

Un proche de Santana, le député dominicain Lidio Cadet, membre du Comité cntral du parti de la libération dominicaine (PLD), ancien prêtre, et originaire d’Hato Mayor, aurait entrepris des démarches auprès de la chancellerie dominicaine pour extrader les citoyens haïtiens, selon Radio Kiskeya.

La réaction du député est un autre exemple de la paranoïa de plusieurs Dominicains envers la communauté haïtienne. Les pauvres paysans accusés du crime sont partis à pied, sans aucun meuble. Aucune revente des objets volés n’a été reportée jusqu’à maintenant. Certains habitants de la région, incluant des proches du défunt reconnaissent qu’aucun d’eux n’est vraiment à l’abris d’une mort à l’haïtienne, mais ils doutent que des Haïtiens soient responsables de la mort de Santana. La situation n’est pas nouvelle, et les développements de l’affaire seront suivis de près.

Comme quoi la violence et les crimes viennent souvent de la misère et du désespoir. Et la seule manière de combattre ces deux derniers, c’est avec la liberté et la prospérité de tous.


* Le texte a également été revu et légèrement retouché par Romain Angeles, du Comité québécois.


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II. Revue de presse

PRESSE HAÏTIENNE:


Haïti-République Dominicaine : les deux discours du gouvernement dominicain sur Haïti

Port-au-Prince, mardi, le 22 mai 2007 (Alter Presse)
Par Wooldy Edson Luidor

La comparaison entre les discours «fraternels» sur Haïti par les autorités dominicaines sur le plan international et leurs pratiques discriminatoires contre les migrant(e)s haïtien(ne)s et leurs descendants en République Dominicaine, révèle plusieurs contradictions, constate l’agence Alter Presse.

Par exemple, durant la XIII Réunion Ministérielle du Groupe Rio – Union Européenne à Saint-Domingue, du 17 au 20 avril 2007, Carlos Morales Troncoso, secrétaire dominicain des Relations Extérieures, a animé avec zèle la discussion sur la situation d’Haïti félicitant les progrès de ce pays en matière de sécurité et de lutte contre la violence. Il souligna aussi que le président haïtien, René Garcia Préval, a su gouverner Haïti avec «une intelligence considérable, avec tolérance et sagesse».

À cette même réunion regroupant des délégations de 20 pays du Groupe Rio et de 27 nations de l’Union Européenne, le chancelier dominicain est allé plus loin, en insistant sur la nécessité de «réviser et évaluer le thème haïtien et chercher les voies les plus appropriées, pour que la communauté internationale participe activement dans la solution des problèmes en vigueur (dans ce pays) » .Cette intervention a eu un impact positif, puisque la commissaire des relations extérieures de l’Union Européenne, Benita Ferrero Waldner, a promis à la République d’Haïti un don de 233 millions d’Euros qui «devront être investis en appui à l’éducation, l’infrastructure physique, le développement rural et la gestion gouvernementale».

Parallèlement à ces manifestions de fraternité, les autorités dominicaines ont souligné et revendiqué leur droit souverain de rapatrier les migrant(e)s haïtien(ne)s «illégaux», sans indiquer, toutefois, un intérêt pour diminuer ou éliminer la violence et les violations des droits humains qui, dans la majorité des cas, accompagnent ces rapatriements. De plus, les descendant(e)s des migrants haïtiens en République Dominicaine voient de plus en plus réduites leurs possibilités d’avoir des documents de naissance et de nationalité dominicaine, un droit que leur donne le « jus soli », selon l’article 11 de la Constitution dominicaine en vigueur.

Le discours officiel de Dominicains, jusque dans les moyens de communication, reflète qu’Haïti serait un pays souffrant d’une mauvaise gestion, à laquelle la communauté internationale doit aider de façon urgente afin d’éliminer des maladies et éviter un supposé danger dans la région caribéenne.

Jus sanguini contre Jus soli

Cette attitude discriminatoire se retrouve dans un des objectifs du processus actuel de la réforme de la Constitution dominicaine: éliminer le «jus soli», principe selon lequel toute personne qui naît sur le territoire dominicain a droit à la nationalité de ce pays (sauf pour les enfants des diplomates et des personnes en transit).
Toutefois, il suffit de visiter la capitale dominicaine pour constater que les migrants haïtiens qualifiés d’illégaux par les autorités dominicaines, sont les mêmes qui travaillent actuellement aux œuvres publiques, par exemple, à la construction de routes, d’édifices de l’État et du méga projet du métro urbain à Saint-Domingue. De plus, ils sont les piliers de la construction d’hôtels, de complexes touristiques et de grands édifices administratifs qui ont contribué à la modernisation si louangée par les autorités et la société dominicaines. Ces Haïtiens sont très peu payés et sont soumis à des conditions de vie et de travail infra humaines.

Les personnes qui ont dénoncé ces contradictions au grand public furent expulsées de la République Dominicaine, comme ce fut le cas pour le père belge Pedro Ruquoy ou bien elles furent menacées de perdre leur nationalité dominicaine, comme c’est le cas de la militante dominicaine d’ascendance haïtienne, Sonia Pierre.

Droits humains

Pour être cohérentes avec leurs discours à l’extérieur du pays, les autorités dominicaines doivent montrer à la Communauté Internationale, par des faits et en pratique, qu’elles sont réellement préoccupées par la situation du pays voisin et par les droits humains des migrants haïtiens et leurs descendants. De son côté, l’actuel gouvernement haïtien doit démontrer que ses citoyen(ne)s en République Dominicaine comptent pour lui, en cherchant comment améliorer la situation migratoire et de documentation de ses compatriotes dans la république voisine, par la mise en œuvre d’ententes avec l’État dominicain et, surtout, en travaillant pour faire d’Haïti un pays où il est possible de vivre et où ça vaut la peine de vivre.



Défense des droits du travail en Haïti et critique de la législation américaine H.O.P.E.

9 mai 2007Par Ben Terrall - Haitianalysis Com La nouvelle législation à Washington D.C, sous l'acronyme H.O.P.E – abbréviation pour « l'Opportunité Hémisphérique haïtienne par l'Acte d'Encouragement du Parténariat , » a le but de promouvoir l'industrie du vêtement à Haïti. Mais la législation échoue perceptiblement à la protection des droits du Travail, ou à la promotion à long terme du développement économique viable qui profitera aux pauvres de même qu'aux riches.[…]

Comme Ricker l'a élaboré, garder Haïti compétitif signifierait sacrifier les Droits du Travail á des embauches qui ne sont pas garanties de rester dans le pays : « Une expansion temporaire d'accès libre pour l'industrie du vêtement du Troisième Monde ne résout pas le problème fondamental. En effet, en placant autant d'emphase sur le vêtement, H.O.P.E approfondit en fait l'insécurité économique à Haïti, au lieu del'alléger ». Lorsque le haut niveau du chômage à Haïti a mené à l'indigence de beaucoup, les organisateurs haïtiens du Travail ont dit à cet auteur, que ce dont ils ont vraiment besoin, c'est une période soutenue de paix et de stabilité.
[…]

Concannon a ajouté, « Tous les partisans de H.O.P.E. justifient l'Acte par les avantages qu'il fournit aux ouvriers haïtiens ; mais je n'ai pas encore entendu parler de quelque ouvrier qui aurait été consulté sur l'ordonnance, ou la promouvant soi-mê me … Le seul levier réel d'Haïti est l'exploitabilité de sa force de travail, qui n'est pas une fondation pour la croissance à long terme ».

Les officiels de la Confédération des Travailleurs Haïtiens (CTH) disent qu'ils n'ont pas été consultés par le gouvernement Préval. Avant l'élection du gouvernement Préval, le gouvernement intérimaire a institué un cadre économique néolibéral, le Cadre de Coopération Intérimaire (CCI), dans lequel les ouvriers et des organisations populaires n'ont pas été non plus consultés. Des milliers de personnes ont perdu leur travail dans le IMF, qui soutint les mesures d'austérité.

Dan Beeton, le Coordinateur de Communications Internationales pour le Centre de l'Economie et de la Recherche Politique (CEPR) á Washington D.C., dispute: « H.O.P.E. fait partie du vieux modèle de developpement de « libre-échange ».Ce dont Haïti a besoin, c' est une vraie stratégie de développement que l'on puisse poursuivre, libre des entraves des Etats-Unis ou de n'importe qui d'autre, avec une diversification de l'économie et des mécanismes pour aider à assurer que davantage du Revenu reste dans le pays ».
[…]

Dans un entretien durant la période intérimaire, le Secrétaire Général CTH Paul « Loulou » Chéry a expliqué: « c'est une crise sans précédent. Notre population n'a pas connu une situation aussi grave depuis la naissance du pays… La majorité de la population a été plongée dans la misère, et l'exclusion. Au niveau des ouvriers, c'est le désespoir, comme il n'y a pas pratiquement d'emploi. Il y a, peut-être, 15% de la population qui véritablement est employée. […]

De nos jours, le gouvernement DE facto se livre á une chasse aux sorcières. Ils créent une situation de terreur, une situation de crainte, de répression systématique. Cette répression a eu pour résultat le meurtre de milliers de gens depuis le passage au coup d'état ».
[…]

Les ouvriers CTH veulent un pays fonctionnel, dans lequel ils peuvent s'organiser et améliorer leurs vies. Dan Beeton a résumé pourquoi les citoyens des Etats-Unis doivent soutenir les efforts continus d'organisation des syndicalistes haïtiens du commerce: « À travers l'histoire d'Haïti, les Etats-Unis ont été d'habitude un mauvais voisin, envahissant et occupant le pays à plusieurs reprises, érigeant des dictateurs, et parfois bloquant l'assistance économique au pays. Nombres de prescriptions politiques économiquement endommageantes sont provenues egalement de Washington, y compris la privatisation d'industries d'Etat et la promotion de zones de traitement d'exportation qui entravent le développement de l'industrie haïtienne et produisent peu de Revenu…Considérant l'histoire des relations des Etats-Unis avec Haïti, les Américains se doivent soutenir le droit des haïtiens á organiser des syndicats du Commerce indépendants et à défendre une politique qui encouragera un Développement réel et durable».

Ginette Apollon, á la tête de la Commission des Femmes CTH, Paul « Loulou » Chéry, Secrétaire Général CTH, et Euvonie George-Auguste, une dirigeante des Droits des Femmes Haïtiennes, et activiste, feront une tournee au Canada en Mai et Juin 2007. CTH a lancé récemment un site web à http://www.haitilabor.org/


PRESSE DOMINICAINE:

Le Père Edwin Paraison prononce une conférence magistrale lors de la commémoration du Jour du Drapeau, organisée par l’Association des Étudiants Haïtiens en République dominicaine

ESPACINSULAR
Saint-Domingue. Le 21 mai 2007.- Avec chants, poèmes et réflexions, l’Association des Étudiants Haïtiens de la République Dominicaine (AEHRD), dont le siège se retrouve à l’Université Autonome de Saint-Domingue (UASD) a commémoré le Jour du Drapeau et de l’Université selon le calendrier de festivités officielles d’Haïti, avec une conférence du père Edwin Paraison.

L’activité réalisée au Paraninfo de Humanidades, vendredi le 18 de mai, a eu comme orateur principal, le Rév. Edwin Paraison, Directeur Exécutif de la Fondation Zile, avec un exposé magistral intitulé «Le rôle de la classe étudiante haïtienne face aux réalités socio politiques haïtiennes».

Le conférencier fit une description de la situation socio politique haïtienne depuis la chute du régime duvalieriste jusquà cette première année récemment accomplie de la gestion du président René Garcia Préval, où il signala que «malgré la réalisation d’élections à différents niveaux de l’exercice du pouvoir ces dernières années, la démocratie n’est pas encore instaurée en Haïti».

Il affirma que son pays, au-delà de la crise politique, affronte un grave problème social historique qui divise la nation entre les masses populaires et les classes dominantes. Ces dernières, a-t-il signalé, «cherchent désespérément par la voie des urnes, à faire respecter les règles imposées par le système démocratique, en particulier, l’autodétermination du peuple haïtien».

Il indiqua qu’en 10 ans Haïti fut intervenue deux fois, en 1994 et en 2004, ce qui révèle «une certaine incapacité de leadership haïtien pour gérer et résoudre les crises avec les moyens et les solutions uniquement haïtiens».

Il signala que, même s’il n’y a pas d’autres Drapeaux dans le Palais National, les bureaux publiques et les quartiers de police, la sécurité nationale est entre les mains de troupes de la ONU par l’intermédiaire de la MINUSTHA. De la même façon, il affirma que «Haïti a perdu sa souveraineté économique avec plus de 60% du budget national qui dépend de l’aide étrangère».

Paraison qui a occupé différentes fonctions diplomatiques et consulaires en représentation de son pays en République Dominicaine, a également dit que «Haïti a un problème de sécurité alimentaire» lequel se manifeste par une dépendance d’approvisionnement de produits dominicains pour plusieurs régions du pays.

Il souligna qu’à chaque année, Haïti a plus de 50,000 nouveaux gradués au secondaire, pour 0.9% de la population qui réussit à accéder à l’éducation supérieure, alors qu’il présenta les limitations logistiques de l’acceptation au système universitaire haïtien. Ceci, avec l’instabilité politique, fait en sorte qu’au cours des 15 dernières années la République Dominicaine est devenue le principal destin académique pour les Haïtiens, a précisé le révérend Edwin Paraison.

Il exhorta les étudiants haïtiens a créer avec l’aide des responsables académiques, des centres de réflexion et d’analyse sur la réalité d’Haïti pour «promouvoir la propagation d’une nouvelle culture politique haïtienne, touchant aussi l’aspect social et économique ». Il les a aussi encouragés à participer à l’activité politique à travers les partis pour obliger au «renouvellement du leadership haïtien dont l’échec est évident».

Il est de l’avis que les universitaires devraient servir de pont entre les couches défavorisées et les élites, pour diminuer l’écart entre les classes sociales et l’exclusion, par le moyen d’un plus grand engagement social à travers des activités bénévoles en alphabétisation, la protection du milieu, l’éducation sur le SIDA, l’organisation populaire etc…»

Le Drapeau Haïtien fut créé en 1803 par Jean Jacques Dessalines en enlevant la partie blanche du trois-couleurs français, pour symboliser avec le bleu et le rouge l’union des noirs et des mulâtres haïtiens lors de la conquête de la liberté.

Cette année, la Fête du drapeau haïtien et de l’Université fut commémorée avec une variété d’activités organisées par la diaspora haïtienne en République Dominicaine dans plusieurs institutions telles que le Centre Bono, l’Église évangélique «Porte Ouverte» et à l’auditorium de l’Université, auxquelles des Haïtiens et des Dominicains sont venus participer.


L’ex ambassadeur haïtien, Guy Alexandre, affirme que le pays n’est pas xénophobe ni raciste, mais il signale l’existence d’une idéologie anti- haïtienne

Eddy Beltre/espacinsular
Saint-Domingue, le 17 de mai, 2007. - Dans un discours qu’il devait présenter à Paris dans le cadre de l’événement «Esclaves au Paradis», l’ex ambassadeur d’Haïti en République Dominicaine, Guy Alexandre a affirmé hier, de Port-au-Prince, que la nation dominicaine n’est pas xénophobe ni raciste, mais il considère qu’au cours des deux dernières années, depuis le cas de Hatillo Palma, un «anti haïtianisme militant» s’est éveillé.

Depuis les années 90, selon Alexandre, les deux pays ont initié une étape de «normalisation» dans la gestion des relations politiques, d’une croissance continue en lien avec le commerce et d’un renforcement d’une variété d’échanges entre les deux pays.
Il a aussi souligné le rôle important joué par les missions diplomatiques et consulaires d’Haïti et de la République Dominicaine, au cours des «dernières 13 à 15 années, d’une étape de renforcement des liens entre Haïtiens et Dominicains». De façon spéciale, il a reconnu l’appui reçu de « vastes secteurs de la société dominicaine dans le travail de l’ambassade et des consulats d’Haïti à Brahona et Dajabon».
Toutefois, Alexandre a ajouté que «les relations haïtiennes-dominicaines, après Hatillo Palma, se sont considérablement détériorées». Le diplomate, également professeur à la Faculté Latino-Américaine des Sciences Sociales (FLACSO) dans la capitale dominicaine, a fortement souligné «que le sang haïtien s’est répandu à plusieurs occasions dans le pays en 2005 et 2006» comme conséquence d’une série de violations des droits humains par « des chasses à l’homme, des persécutions, des intimidations, des accusations et rapatriements massifs continuels auprès des Haïtiens».

Il coïncide avec le Secrétaire d’État, Directeur de l’Unité d’Analyse et Stratégie de la présidence, le sociologue, Carlos Dore Cabral, que la violence contre ses compatriotes fut exercée par un groupe minoritaire mais de forte influence «de neo nationalistes qui voient seulement dans l’immigration haïtienne, un danger potentiel pour l’identité et la souveraineté de la République Dominicaine»

Il attira l’attention des dirigeants des deux pays sur la nécessité de changer la tendance «d’effacer et de recommencer» devant la commission des faits de violence venant «d’un éveil d’un anti haïtianisme militant qui n’hésite pas à faire appel à la haine».

Dans ce contexte, Alexandre a dénoncé l’existence dans les relations haïtiennes-dominicaines d’une double logique contradictoire : « l’objective qui pousse les deux sociétés à s’ouvrir l’une à l’autre, et la subjective venant d’un secteur idéologique politique qui contredit les tendances positives de la première».
Il a exhorté les démocrates des deux pays à combattre sans concession «les préjugés et les pratiques contraires aux intérêts des deux pays» en commençant par identifier ceux qui propagent ces préjugés. En même temps, il a fait l’éloge des actions et du travail d’entités comme le Mouvement des Femmes Dominico-Haïtiennes (MUDHA), le Service Jésuite aux Réfugiés et Migrants, le Groupe de Soutien aux Rapatriés et Réfugiés (GARR), et de personnalités comme Sonia Pierre.
Il a signalé que «le peuple dominicain, pas plus que le peuple haïtien ou tout autre peuple, n’est raciste ni xénophobe en soi, au sein des grandes classes populaires». Il a expliqué que les sociétés des Caraïbes, comme héritage de l’époque coloniale, sont marquées par le «système de représentation idéologique qu’est le racisme» contre lequel l’on doit également lutter.

Comme il n’a pas pu voyager en France pour des raisons de santé, Alexandre a envoyé le texte de son discours par courrier électronique aux organisateurs de l’événement, auquel participent d’autres professionnels académiques haïtiens. Quelques invités dominicains ont annulé leur participation à cause de l’ampleur négative donnée par le gouvernement à l’activité qui fut officiellement qualifiée à Saint-Domingue, de tribune anti dominicaine.



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III. Nouvelles internes

RAPPEL DU LANCEMENT DES DEUX LIVRES LE 6 JUIN :

Le Comite québécois pour la reconnaissance des droits des travailleurs haïtiens en République dominicaine (ci après surnommé Comité québécois), et le Comité pour les droits en Amérique latine (CDHAL) vous invitent au lancement des livres :
· ‘Marraine’ d’Hélène Koscielniak, (édition Interligne http://www.interligne.ca/) et
· ‘Crise démocratique en Amérique latine : Le cas du Salvador’, par Mauricio R. Alfaro (édition du CIDIHCA http://www.cidihca.com/).

Mercredi 6 juin,
de 17h à 19h30
Au Bureau Zof,
1369 Rachel Est


Vous aurez l’occasion de rencontrer les auteurs ainsi que des membres des deux comités qui expliqueront en plus grands détails les problèmes socio-économiques de la région.
Nous vous souhaitons une excellente journée, en espérant vous compter parmi nous le mercredi 6 juin.

PS: SVP, aillez l'amabilité de confirmer votre présence au lancement avant le vendredi 1er juin. Merci.
PPS : n’hésitez pas à nous contacter pour plus d’informations



3 POSTES À COMBLER AU COMITÉ :

Le Comité cherche à combler 3 postes à temps plein d’ici le 14 juin 2007 :
• commis comptable
• commis de soutien administratif
• travailleur des services communautaires et sociaux

Critère d’admissibilité : Être éligible au programme Emploi été du gouvernement canadien
Taux horaires : 8$ / hre (40hres /semaines)
Date début : 14 juin 2007
Durée du contrat : 8 semaines

Veuillez communiquer avec nous pour postuler ou pour avoir plus d’informations :
514-523-2434
cqrdthrdinc@can.rogers.com


DEMANDE DE DONS ET DE BÉNÉVOLES

Nous lançons un appel à tous nos membres et sympathisants afin de recueillir vos dons de toutes sortes, matériels ou financiers. En tant qu’organisme à but non lucratif, nous comptons beaucoup sur votre générosité. Si vous préférez plutôt donner du temps, sachez que le Comité québécois est à la recherche de bénévoles pour des tâches en bureautique ou en soutien général. N’hésitez pas à faire circuler le mot dans votre entourage! Pour faire un don au Comité québécois ou pour obtenir plus d’informations, veuillez communiquer avec nous par téléphone au (514) 523-2434. Pour recevoir un reçu de charité, déductible d’impôt, veuillez SVP libeller votre chèque à l’ordre de Comité haïtien / Paroisse Sacré-Cœur.



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IV. Annonces communautaires:

24ème VOYAGE ANNUEL : FAITES L'EXPÉRIENCE DU TIERS MONDE 2007

Semaine du 2 au 7 juillet 2007
Passez une semaine dans les bateyes de la République dominicaine.L'hébergement et les repas sont offerts près des bateyes dans un collège résidentiel pour enseignants dirigé par des religieuses.Renseignements : suzanne.hope@sympatico.ca

KATASOHO, Imprimerie et design

Pour tous vos besoins d’impression, contactez Chadi Marouf, designer :,6300, ave. du Parc, suite 312, Montréal. Tél. (514) 788-1661, Cellulaire: (514) 961-5238, Courriel : chadi@katasoho.com. Site Internet : www.katasoho.com

IDÉE CADEAU

Vous cherchez un cadeau original pour moins de 50$!!! Près de chez vous à Montréal : Tapisseries et tableaux d'artistes haïtiens, bungas, sculptures de bois, robes, chemises 'pepe bayard', venus tout droit de l'île. Pour plus d'information, contacter Xaragua Internationale inc. au (514)-345-8216, laissez vos noms et coordonnées ou écrire à contact@xaraguainternationale.com.*Une partie des bénéfices est versée au profit du Comité québécois.



Prochaine édition de La Machette
La prochaine édition de La Machette sera publiée le vendredi 29 juin 2007.
Annonces, questions, commentaires, suggestions? N’hésitez pas à communiquer avec nous!
Pour appuyer l’action du Comité québécois, nous vous invitons à naviguer notre site Web et vous demandons d'encourager vos amis à en faire autant aux adresses suivantes : www.geocities.com/cqrd et www.multimania.com/cqrdthrd

Équipe de La Machette
Édition : Pérard Joseph;
Éditorial : Gahston Saint-Fleur;
Coordination : Romain Angeles;
Rédaction : Romain Angeles;
Révision et correction : Romain Angeles, Pérard Joseph, Simone Hénault;
Recherche : René Viaud, Mélanie Lippé, Nourredine Salhi, Edwin Paraison, Romain Angeles
Collaboration : Tess Brais-Laflamme, Ilionor Louis, Radio Classique Inter.
Traduction : Simone Hénault.
Conception graphique : Antoine Dang-vu, Dru Oja Jay,
Documentation site Internet : Maxime Dallaire, Dru Oja Jay,
Archives des anciens numéros : www.geocities.com/cqrd



Pour des raisons d’allégement de texte, le masculin a été uniquement utilisé.

lundi 14 mai 2007

La Machette Express mai 2007


Objet : Invitation au lancement du livre ‘Marraine’


Madame, monsieur

Le Comité québécois pour la reconnaissance des droits des travailleurs haïtiens en République dominicaine (établit à Montréal depuis 1987), ci après surnommé Comité québécois, vous invite au lancement du livre ‘Marraine’ d’Hélène Koscielniak.

Communiqué de presse :

À l’insu de son mari Gilles, Normande, qui vit à Kapuskasing, s’inscrit à Secours aux Démunis, un organisme de charité qui parraine des enfants à travers le monde, et devient marraine de Jolino, un Dominico-Haïtien de dix ans.
Travaillant dans le domaine de la construction, Gilles doit se rendre, quelques mois après le début du projet secret de Normande, en République dominicaine, à titre d’invité d’un riche entrepreneur avec qui il fait affaire. Cette nouvelle suscite de l’excitation pour Normande qui y voit l’opportunité de rencontrer l’enfant qu’elle soutient et sa mère, Gabriella, avec qui elle entretient une correspondance assidue. Mais, ce qui peut sembler chose acquise pour le Nord-Américain peut vite prendre le chemin du cauchemar ailleurs… Bien qu’étant un personnage résolu à affronter tout obstacle, Normande réussira-t-elle à concrétiser son rêve ? Comment faire et où trouver l’aide dont elle a besoin pour mener à bien son grand projet, à l’insu de son mari ?
Dans ce premier roman, Hélène Koscielniak nous fait découvrir les conditions de vie dans un batey, une agglomération pour travailleurs agricoles, ces braceros forcés d’y vivre encore aujourd’hui comme les esclaves d’antan. Marraine est aussi un roman qui sonde le coeur de deux femmes, si différentes par leur culture et si semblables par leur condition féminine.

Avant de se consacrer à l'écriture, Hélène Koscielniak a assumé plusieurs fonctions relatives au milieu scolaire de l'Ontario. De 1996-2001, elle fut surintendante du Réseau de formation et de programmation du nord au Ministère de l'Éducation de l'Ontario, puis, de 1998 à 2001, agente de supervision pour le Conseil scolaire catholique du district des Grandes Rivières.

Source : Patricia Lamy
T (514) 525-7443
patlamy@sympatico.ca
communication@interligne.ca





Lancement du livre à Montréal :

Le Comité québécois vous invite tous au lancement de ce livre, où vous pourrez rencontrer l'écrivaine, des membres et des amis du Comité québécois.Voici les informations relatives au lancement du livre:



Mercredi 6 juin, de 17h à 19h30


Au Bureau Zof, 1369, Rachel Est


Pour plus d'informations, n'hésitez pas à communiquer avec nous.

mercredi 2 mai 2007

La Machette - Édition d'avril 2007

Montréal, le 30 Avril 2007,


SOMMAIRE:

          I. Éditorial

                    Ce mois-ci, exceptionnellement l’éditorial est remplacé par une entrevue de Sonia Pierre, réalisée par la Radio Classique Inter, le 20 avril 2007. Nous en profitons pour les remercier de partager l’entrevue.

          II. Revue de presse

                    PRESSE HAÏTIENNE
                              • Position des femmes dominicaines face à la violation des droits de Sonia Pierre.
                              • Lettre ouverte aux Conférences épiscopales Haïtienne et Dominicaine autour des persécutions contre Sonia Pierre
                              • Les évêques catholiques d’Haïti et de la Rép. Dominicaine se prononcent sur les relations entre les deux pays

                    PRESSE DOMINICAINE:
                              • Le sujet Délicat des Haïtiens.
                              • des évêques haïtiens et Dominicains contre les discriminations

          III. Nouvelles internes

                    • Bienvenue à notre nouvel agent de liaison, Romain Angeles
                    • Demande de dons et de bénévoles
                    • Sortie prochaine du roman MARRAINE, au sujet des conditions de travail des braceros

          IV. Annonces communautaires

                    • Lancement prochain du documentaire Lòt bò dlo
                    • 24ème voyage annuel - Faites l'expérience du Tiers monde 2007
                    • Katasoho, imprimerie et design
                    • Idées cadeaux



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I. Entretien exclusif de SONIA PIERRE :

          Madame Sonia Pierre est une activiste dominicaine qui se bat pour défendre les droits des femmes et des enfants haïtiens vivant en République Dominicaine. En 2006, elle reçoit le Prix 2006 des Droits Humains du Mémorial Robert F. Kennedy. Maintenant, les autorités dominicaines l’accusent d’avoir falsifié des documents lors de sa demande de nationalité, de longues années auparavant. Tout cela pour tenter de l’expatrier et la faire taire. Dans cette entrevue, elle parle de son parcours, et de la situation actuelle en République Dominicaine.

          Le texte qui suit est une entrevue accordée à Madame Sonia Pierre à la chaîne Radio Classique (basée à Orlando, en Floride), le 20 avril dernier :

Nous avons avec nous, sur les ondes de Radio Classique inter, Madame Sonia Pierre récipiendaire du Prix d’Amnesty International en 2003, du Prix Robert Kennedy en 2006, Haitian Women à Miami, Prix Claire Heureuse et fondatrice du Mouvement de Femme Dominico-Haitienne.

Sonia Pierre, nous vous souhaitons la bienvenue sur les ondes de Radio Classique Inter.

Robert Bénodin : Madame Sonia Pierre où êtes-vous née ?

Sonia Pierre : Je suis née ici en République-Dominicaine, dans le batey d’une ancienne usine sucrière appelée Catarey au nord du pays.

RB : Vous avez passé votre enfance dans les bateys. Où avez-vous été à l’école?

SP : Ma mère est venue ici depuis 1951. Elle a eu 10 enfants sur cette terre. Je suis la cinquième parmi les enfants qui sont nés ici.
        Quand nos étions enfants, il n’y avait pas d’école dans ce batey. Il y avait une dominicaine qui venait chaque jour dans le batey venant d’une communauté dominicaine qui se trouvait par derrière le batey pour donner des leçons aux enfants qui s’y trouvaient.
        Un jour elle a demandé, s’il y avait une école pour tous ces enfants qui vivent dans le batey. On lui a répondu, non. Et c’est ainsi qu’elle s’est mise d’accord avec nos parents pour nous donner des leçons, 2 fois par semaine. Ma première école a été sous un grand arbre qui se trouvait dans le batey.

RB : Pouvez-vous nous décrire, un peu, la vie dans les bateys ?

SP : Cela dépend du batey. Il y a deux types de batey. Les bateys qui sont près du milieu urbain, et ceux qui sont très éloignés dans le milieu rural. Tant que les bateys sont plus éloignés du milieu urbain, tant que les conditions de vie sont plus dures. Ces bateys n’ont pas d’électricité. Il y a des tas de chose qu’ils n’ont pas, tel que : eau, électricité, école. Quant aux soins de santé ça n’existe pas. Dans tous les bateys il n’y a pas de centre de santé. S’il y a un centre de santé, ce sont les ONG qui travaillent dans les bateys qui mettent ces centres de consultation qu’utilisent les médecins qui viennent visiter la communauté.
        La vie dans les bateys n’est pas facile. Cela dépend. Si on y fait la coupure de canne, on commence à réveiller les gens vers les 4 heures du matin. S’ils vont à un endroit très éloigné, ils sont mis dans un wagon utilisé pour le transport de la canne à sucre, tiré par un tracteur, mais qui n’est pas construit pour le transport humain. Il y a beaucoup d’accident. Et quand ces accidents arrivent, il y a beaucoup de morts et de blessés. Il y a aussi beaucoup qui deviennent infirmes.
       Ils retournent des champs vers 5 ou 6 heures de l’après-midi. C’est à ce moment là qu’ils vont chercher à cuire à manger. Après avoir fini de manger vers 8 ou 9 heures du soir, ils sont tellement fatigués, que certains d’entre eux tombent en sommeille à l’instant et à l’endroit même où ils ont fini de manger. Et à 4 heures du matin, on les réveille à nouveau pour qu’ils puissent recommencer à travailler.
       En général la vie dans les bateys est très dure. Il y a dans certains bateys des maisons de borlette. Ces maisons appartiennent aux chefs du batey. Ils ont aussi des bars dans les bateys. Une façon pour soutirer une portion substantielle des salaires des ces travailleurs. La majorité des braseros gagne entre 3 à 5 milles pesos. Ils ne peuvent pas faire mieux, les salaires ne sont pas très bons. Il y a toujours la présence des maisons de jeux de hasard qui appartiennent aux propriétaires de bateys. Le samedi et le dimanche, quand ils ont un peu de temps, ils vont dans ces maisons de jeux de hasard où ils perdent l’argent qu’ils ont gagné au cours de la semaine.
Les enfants, parce qu’il n’y a pas d’école dans la majorité des bateys, suivent leurs parents pour aller faire les lots de canne couper par leurs parents. Des fois, ils font d’autres activités dans les champs de canne avec leurs parents.

RB : A quel age avez-vous quitté les bateys ? Qu’est-ce qui vous a porté à quitter les bateys ?

SP : J’ai laissé le batey à 18 ans. Pendant plus de deux ans, notre école a continué à fonctionner sous ce grand arbre. A la diligence du professeur on avait fini par lui donner une chambre pour héberger les enfants. On empruntait des chaises de chez nous pour meubler l’école. Ceci a évolué au point où on a appointé un professeur. C’est arrivé après plusieurs années. Quand on a appointé ce professeur, je n’étais plus à cette école. J’étais déjà transférée dans la ville de Via Altagracia, pour continuer à aller à l’école.
       Après ma 18e année, je participais au mouvement des étudiants à Via Altagracia, c’est ainsi que j’ai trouvé une bource pour aller à Cuba pour étudier.

RB : Vous avez été à Cuba ?

SP : Oui

RB : Combien de temps avez-vous passé à Cuba ?

SP : J’y ai passé 4 ans.

RB : C’est à Cuba que vous avez étudié ?

SP : Oui, à l’Université de la Havane.

RB : Qu’est-ce que vous avez étudié ?

SP : Le travail social.

RB : Qu’est-ce qui vous a porté à quitter le batey ? Est-ce parce que vous étiez devenue trop âgée ?

SP : J’ai quitté le batey, parce que j’ai commencé à participer dans des organisations de travailleurs. Nous étions les interprètes de ceux qui entreprenaient la première grève du bateys où je suis née. C’était une grève de travailleurs pour améliorer leurs conditions de travail et de vie. A ce moment là, j’avais à peu près 13 à 14 ans, je leurs servais d’interprète et on a été arrêté. Ca a été un moment difficile de ma vie. Ca m’a amenée à participer dans des mouvements au lycée là où j’étudiais. Je commençais à être consciente et à m’inquiéter de l’arrivée des embauchés qui venaient chaque année. J’étais préoccupée surtout par les conditions des femmes et des enfants qui arrivaient avec ces embauchés. La façon dont on les divisait. Ceux qui venaient d’arriver on les appelait « Congo ». Cette dénomination avait une connotation péjorative d’ignorant. Ceux qui avaient plus d’année on les mettait autre part. C’était une façon de les diviser, même quand les conditions étaient les mêmes pour tous. C’est ainsi que je me suis initiée dans ces organisations, parce que j’éprouvais de l’inquiétude.
Après mon retour de Cuba, je me suis intégrée à fond dans le travail avec la communauté haïtienne.

RB : Entre le temps où vous avez quitté les bateys et le moment où vous avez fondé l’Organisation Mouvement des Femmes Dominico-Haitiennes. Combien de temps s’est écoulé ?

SP : Le Mouvement de la Femme Dominico-Haitienne est sorti d’un effort de quelques réfugiés de ce camp là qui avait commencé ici. Ca a commencé avec un homme qui s’appelait Patrick André. Il est décédé. C’était un Haïtien venu en exil ici. L’organisation s’appelait IFOPADA.

RB : Vous avez fondé cette organisation en 1983, ça fait à peu près 24 ans. Qu’est-ce qui vous a porté à créer cette organisation ? Comment l’organisation a-t-elle commencé ?

SP : Le Mouvement de la Femme Dominico-Haitienne c’est d’abord une organisation de femme, mais qui inclus tout le monde. Depuis des années nous avions commencé un travail intégral. Parce que nous croyons que pour changer la réalité des bateys, il faut que nous tous nous participons, les femmes, aussi bien que les hommes.
       C’était la situation dans laquelle les femmes vivaient, tenant compte du fait que la vie des travailleurs dans les bateys, était très dure. La situation des femmes était encore plus dure que celle des hommes, parce qu’elles n’avaient aucune participation, aucune assistance que les hommes recevaient. Si les hommes étaient malades, ils pouvaient aller à l’hôpital. Les femmes et les enfants n’avaient pas accès à cette assurance, ou bien à une chambre « d’arancon » C’était une grande maison divisée en plusieurs petites chambres. Les femmes si elles n’avaient pas de mari pour les représenter, elles ne pouvaient pas avoir accès à une chambre dans ces maisons. Ces choses me préoccupaient beaucoup. Quand ces dames arrivaient, on les sélectionnait, pour les envoyer travailler dans les bordels. Si elles étaient jeunes, on les mettait dans un endroit où les chefs venaient les visiter. Après un certain temps, on les introduisait dans les bordels. D’autre Haïtiens qui avaient quelque temps dans le pays les exploitaient sexuellement, alors qu’elles continuaient à fournir le service sexuel dans les bordels. C’est une situation difficile. C’est ainsi que nous avons commencé avec cette organisation des dames. Nous avons commencé à travailler avec ces dames et les enfants des dames qui sont nés dans les bateys. Nous avons commencé un travail de visibilité de la situation que ces dames subissaient, en cherchant comment on pouvait changer cette réalité.

RB : C’est ce qui vous a porté à créer cette organisation. Comment l’organisation a-t-elle évolué ?
        Quels sont les moments les plus difficiles que vous avez connus dans le cadre de son évolution et dans le cadre de votre vie en République-Dominicaine ?

SP : C’est la première organisation de femme dans les bateys. Là où nous avons commencé à traiter les problèmes des femmes, en tant qu’humain, en tant que travail pour mettre en exergue la situation des femmes dans les bateys. Nous avons commencé un travail interne, de développement personnel. Nous avons entrepris un travail de formation des dames. En même temps nous faisions un travail de formation d’organisation. Nous faisions aussi la formation d’activistes et nous leur apprenions comment produire des produits artisanaux, et comment commercialiser ces produits. Nous avions aussi commencé un programme de santé parce qu’elles n’avaient pas accès aux services de santé. C’était un travail de santé traditionnel, où elles étaient vraiment habiles. C’était le travail que leurs grandes mères faisaient dans le passé. Nous mettions en usage leurs connaissances botaniques traditionnelles, la vertu des feuilles pour produire des médicaments. C’était en réalité le développement d’une médecine alternative.
L’organisation s’est élargie. On a formé un centre culturel dominico-haïtien. Ce travail a eu tellement de succès que l’on a commencé dans les batey à former des unités de base. Après on a commencé à établir des écoles pour les enfants qui ne pouvaient pas avoir accès aux écoles de État On a commencé à faire le travail de revendication auprès du gouvernement, en même temps que nous faisions des propositions pour chercher des solutions pour résoudre les problèmes que nous avons.
       Vingt ans plus tôt, on n’avait pas la situation que nous vivons aujourd’hui. Nos voix n’étaient pas entendue en dehors des bateys. C’est après avoir participé dans des conférences que nous avons commencé à faire des demandes concrètes. Les gens dans les bateys ont commencé à articuler leurs revendications, à discuter de leurs problèmes. Et c’est ainsi que l’on a commencé à prêter attention à ce qui se passait au sein des bateys. Ce n’est pas le seul problème, ce qui se passe en terme de discrimination raciale contre cette communauté. L’anti-haitianisme existe dans cette société, La situation de xénophobie prend une ampleur alarmante. En 2005, il y a eu beaucoup de personnes qui ont été assassinées. Parmi eux, il y a 5 personnes qui ont été brûlées vif. Jusqu'à présent aucun effort n’a été fait par les autorités pour identifier qui ont commis ces crimes. Il n’y a jamais eu d’investigation pour vraiment trouver les coupables.
Aujourd’hui, nous avons un rapport qui est publié chaque année sur cette situation. La discrimination est en train d’augmenter. La situation socio-économique d’Haïti oblige plus de personnes à venir en Dominicanie. Maintenant il y a toute une campagne que les Dominicains sont en train de faire, qui veut faire croire qu’il y a une invasion pacifique du pays par les Haïtiens.
Compte tenu du travail que nous avons fait pour exprimer notre désaccord avec les conditions d’accueille. Nous ne sommes pas d’accord non plus que des Haïtiens sont employés dans les travaux de construction d’hôtel dans tout le pays pour le développement du tourisme. Quand ces travailleurs viennent pour recevoir leur salaire, les officiers d’immigrations les arrêtent pour les déporter vers Haïti sans qu’ils n’aient reçu leur salaire dû. Il y a une série d’abus qui se font ainsi. Nous disons clairement que nous ne sommes pas d’accord avec ces abus. C’est ainsi que les problèmes ont commencé à devenir plus visibles. Quand des personnes sont en train d’exiger l’amélioration de la situation dans les bateys. Le gouvernement préfère déporter ces gens pour faire entrer d’autres pour travailler. Ceux qui ont plusieurs années de travail et qui ont vieilli, ils ne peuvent plus produire comme ils l’ont fait durant leurs années de jeunesse. Ils sont entrain de déporter vers Haïti des gens qui ont des problèmes d’infirmité ou d’incapacité, dû aux effets de l’age ou d’accident. Ce sont toutes ces protestations qui font qu’il y a aujourd’hui des gens qui disent que nous sommes l’ennemi du pays. Que nous sommes en train de monter une campagne internationale contre la République dominicaine. Qu’il y a un plan dans lequel nous participons pour l’unification de l’île. Une série de chose sans logique, mais que des gens du peuple dominicain y croient.
       C’est ainsi que l’on a commencé une investigation sur le dossier de mon acte de naissance. Ils ont fait un rapport pour demander l’annulation de ma nationalité dominicaine, pour me chasser du pays.
       Il me faut dire que depuis 3 ans le gouvernement a déclaré qu’il y a 3 personnes qui doivent sortir du pays. C’est le père Ricoit, un prêtre belge qui a passé 25 ans dans le pays travaillant dans les bateys. Et le père Christophe, un prêtre anglais qui a fait un grand travail dans la zone « ’Isimi ». Dans cette zone, il y a une famille espagnole qui possède plusieurs usines où travaillent des Haïtiens. Ces deux étrangers ont été chassés du pays. Mais pour me chasser, ils ne peuvent pas ordonner qu’une personne qui a la nationalité dominicaine, doit laisser le pays. Il leur a fallu inventer que mes documents de naissance soient faux. C’est ce qu’ils sont en train d’utiliser en ce moment, pour m’enlever la nationalité et m’expulser du pays.

[…]

Nous allons rendre l'intégralité de l'entrevue bientôt disponible sur le blog.


*****

II. Revue de presse

          PRESSE HAÏTIENNE:

Position des femmes dominicaines face à la violation des droits de Sonia Pierre

jeudi 5 avril 2007 (source Alterpresse).
4 avril 2007

                    Nous signataires de cette lettre, aussi dominicaines que notre sœur Sonia Pierre, répudions fermement la tentative honteuse des secteurs conservateurs et la droite récalcitrante représentée par la Force Nationale Progressiste (FNP) d’interroger la dominicanité de Sonia, femme, amie et mère, citoyenne exemplaire, engagée depuis son très jeune âge dans la défense des droits des femmes, des pauvres et des exclus et activiste dans les luttes les plus progressistes du peuple dominicain. Toute tentative contre Sonia sera considérée comme une violation des droits de chacune d’entre nous. On nous trouvera unies pour faire face à cette agression.
                    Si elle n’est pas Dominicaine, nous non plus, ne le sommes pas !
1-Magaly Pineda, 2-Gianna Sangiovanni, 3-Amparo Arango, 4-Isis Duarte, 5-Sergia Galván, 6-Denise Paiewonsky, 7-Susi Pola, 8-Xiomara Fortuna, 9-María Diaz, 10-Mariví Arregui, 11-Myrna Flores Chang, 12-Clara Baez, 13-Giselle Scanlon, 14-Carmen Julia Gómez Carrasco, 15-Dinys Luciano, 16-Wendy Alba, 17-Angela Caba, 18-Fatima Lorenzo, 19-Gladys Piñeyro, 20-Gina Gallardo, 21-Argentina Gutierrez, 22-Mildred Dolores Mata, 23-Jeannette Tineo, 24-Marily Gallardo, 25-Desireé del Rosario, 26-Cristal M. Fiallo, 27-Altagracia Valdez, 28-Elsa Mata, 29-Janet Camilo, 30-Lorena Espinoza, 31-Altagracia Carvajal Díaz, 32-Marianela Carvajal Díaz, 33-María Cristina Castillo, 34-Joaquina Pacheco, 35-María Sierra, 36-Xiomara Peralta, 37-Cristina Luis Francisco, 38-Mirla Hernández, 40-Scarlet Alcantara, 41-Elsa Mata Bautista, 42-Atair Rodríguez, 43-Nita Adames, 44-Josefina Almanzar, 45-Leopoldina Cairo, 46-Maria Paredes, 47-Cecilia Corporal, 48-Norma Mendez Quezada, 49-Soraya Alcantara Mendez, 50-Germania Galván, 51-Ada Hernandez, 52-María Luisa Romero, 53-Soraya González Pons, 54.-Reisi Santana, 55-Dinorah Santos, 56-Esmeralda Pascual


Lettre ouverte aux Conférences épiscopales Haïtienne et Dominicaine autour des persécutions contre Sonia Pierre

lundi 16 avril 2007 (source Alterpresse)

                    Chers Évêques haïtiens et dominicains,

                    Nous, organisations signataires de cette lettre, saluons la tenue, cette semaine, d’une réunion entre les Conférences Épiscopales de l’île. Étant donné que cette rencontre se réalise dans un contexte particulièrement difficile pour les immigrants haïtiens en République Dominicaine, nous espérons que la question migratoire sera au centre de vos échanges.
Chers évêques, nous sommes vraiment préoccupées par les violations systématiques des droits des immigrants haïtiens et de leurs descendants dans ce pays, situations qui a fait l’objet de plusieurs rapports passés et récents de la part d’organisations nationales et internationales reconnues. A titre d’exemples, nous pouvons citer les attaques et intimidations répétées contre Sonia Pierre, dominicaine d’origine haïtienne, parce qu’elle a osé élever la voix sur la situation vécue par des centaines de milliers de descendants d’haïtiens qui évoluent en République Dominicaine sans aucune nationalité.
                    La répétition des agressions contre Sonia Pierre, particulièrement les tentatives d’annulation de son acte de naissance délivré il y a 43 ans, la publication dans la presse d’informations d’ordre privé la concernant et la destruction de sa photo dans une exposition publique, sont autant de signes d’une intolérance et d’un refus d’intégration de la communauté d’ascendance haïtienne, après environ un siècle d’immigration. De tels comportements créent et entretiennent un climat de tension qui risque de perturber tous les efforts de collaboration et de rapprochement entrepris par différents secteurs de l’île Haïti/Quisqueya, dont les Églises, en vue d’harmoniser les relations entre nos deux pays et nos deux peuples.
L’Église Catholique qui a toujours prôné les valeurs de tolérance, de respect, et de justice, peut-elle rester indifférente lorsque les droits de la personne sont foulés aux pieds par ceux-là mêmes qui sont chargés de les faire respecter ?
                    Chers évêques, face à la tournure inquiétante que les événements sont en train de prendre, nous organisations signataires de cette lettre, sommes convaincues que les forces morales de l’île, comme les Églises, ont un rôle important à jouer en vue de porter les décideurs politiques à privilégier les voies de justice, de dignité et de respect des droits fondamentaux de la personne.
                    Tout en exprimant notre profonde solidarité avec Sonia Pierre, nous organisations signataires de la présente, vous demandons, chers évêques des deux conférences épiscopales de l’île, d’encourager les autorités des deux pays à se réunir sans délai en vue de trouver un accord global sur le dossier migratoire, incluant la régularisation du statut des personnes d’ascendance haïtienne nées en République Dominicaine, ce dans le respect de leurs droits fondamentaux, et des conventions internationales en la matière.
                    Les institutions signataires de cette lettre :
Commission Épiscopale Justice et Paix (JILAP)
Sant Pon Ayiti
Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH)
Solidarité Fanm Ayisyèn (SOFA)
Groupe d’Appui aux Rapatriés et aux Réfugiés (GARR)
Rasanbleman Jèn Savanèt (RAJES)
Konbit Fanm SAJ Veye Yo
Sant Kal LevèK (SKL)
Institut Mobile d’Éducation Démocratique (IMED)
Coalition Nationale des Femmes Leaders (COHFEL)


Les évêques catholiques d’Haïti et de la Rép. Dominicaine se prononcent sur les relations entre les deux pays

jeudi 19 avril 2007 (source Alterpresse.)
P-au-P., 19 avr. 07 [AlterPresse]--- C’est loin du tumulte du centre-ville de Port-au-Prince et dans le décor verdoyant du siège de la Conférence Épiscopale haïtienne à Santo 19, que les évêques catholiques de l’île ont rencontré la Presse, le 17 avril, au terme de 2 journées d’échanges, entre autres, sur les migrants-es haïtiens en République Dominicaine.
                    L’évêque Louis Kébreau, président de la Conférence Épiscopale haïtienne a débuté ce point de presse par la lecture d’un document fixant la position des deux Conférences Épiscopales de l’île et soulignant la vitalité des échanges entre les deux Églises ainsi que « l’importance des relations harmonieuses que vivent des Dominicains et des Haïtiens, des deux côtés de la frontière avec des expressions permanentes de solidarité dans le travail, la vie communautaire et les échanges ».
                    Sur la question migratoire, les 2 Conférences épiscopales de l’île invitent les autorités des deux pays « à mettre tout en œuvre, d’un côté, pour arrêter le flux migratoire massif, anarchique et illégal, d’autre part, à légiférer sans ambiguïté, dans le respect des droits humains, de manière que soit respecté le droit de chaque personne, à avoir un nom et une nationalité… »
Les premières questions des journalistes ont porté sur les persécutions contre Sonia Pierre, militante dominicaine d’origine haïtienne. Le président de la Conférence épiscopale dominicaine, Ramon de la Rosa y Carpio, a répondu par des généralités sans jamais faire allusion nommément à l’intéressée.
                    Ce point de presse devait prendre une tournure plus vive à l’intervention d’une journaliste indiquant avoir observé un silence des Conférences épiscopales de l’île, face aux agressions répétées contre les migrants-es et descendants-es d’Haïtiens en République Dominicaine.
                    « Nous sommes un peuple de tradition orale ; vous auriez dû prendre le temps de lire les nombreuses déclarations et dénonciations produites par la Conférence épiscopale », a déclaré Mgr. Louis Kébreau.
                    Une autre journaliste a demandé à Mgr Ramon de la Rosa y Carpio, si la Conférence épiscopale dominicaine comptait intervenir auprès du gouvernement Fernandez pour l’encourager à appliquer dans son intégralité, l’arrêt de la Cour Interaméricaine des Droits Humains dont un début d’application a été observé fin mars 2007. L’évêque dominicain a alors référé la journaliste à une brochure éditée en 2005, pour trouver la réponse.
                    A la fin du point de presse, le président du Conseil d’Administration du Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR) a transmis aux évêques haïtiens et dominicains, le texte d’une position conjointe de dix organisations autour de la migration haïtienne en République Dominicaine.
                    Le grand absent à cette conférence de Presse des évêques catholiques de l’île, fut le président de la Commission épiscopale Nationale pour la Pastorale des Migrants et Réfugiés, Mgr François Gayot, dont la présence, pourtant, avait été remarquée peu avant l’ouverture de la Conférence.
                    Cette rencontre des Conférences épiscopales haïtienne et dominicaine s’achève le jour même où s’ouvre à Santo Domingo, le sommet du Groupe de Rio où sont attendus 50 chanceliers du continent, appelés à se pencher, entre autres, sur le thème haïtien en République Dominicaine.
                    Elle précède également de quelques semaines, la tenue en France d’une grande exposition sur le sort des migrants-es haïtiens en République voisine, exposition titrée : Esclaves au Paradis [lb gp apr 19/04/07 23 :00]


          PRESSE DOMINICAINE:

Hoy Digital
Mardi 17 de Abril 2007

Le sujet délicat des Haïtiens

‘À nos distingués visiteurs du Groupe de Rio: à la recherche de la vérité non révélée’

PAR FERNANDO ALVAREZ BOGAERT

Une campagne insidieuse et néfaste

                    Depuis dix ans, notre pays a été soumis à une campagne sans pitié, exercée de l’extérieur et de l’intérieur. Cette campagne a des conséquences profondes sur le prestige, bien mérité pour son histoire, de notre nation. Et si nous ne la confrontons pas avec la vérité, elle générera comme déjà c’est pressenti, des conséquences économiques et sociales dévastatrices pour notre peuple.
                    Est-ce que le peuple dominicain est raciste et anti-haïtien?
                    Absolument faux. En République Dominicaine, il y a plus d’un million de citoyens haïtiens – la majorité illégaux – faisant compétition aux ouvriers dominicains dans une égalité de conditions. C’est-à-dire, 11.2% de notre population est haïtienne et illégale. Et comme la majorité sont des adultes, ils représentent 20% de notre force ouvrière.

Une projection nécessaire

Pour que nous puissions avoir une idée de l’extraordinaire charge économique et sociale que possède notre nation, faisons une projection de la quantité d’immigrants qu’auraient la France, l’Angleterre, l’Allemagne, l’Italie et les États Unis pour soutenir la même couche sociale qu’en ce moment soutient la République Dominicaine.
                    Qu’est-ce que le premier tableau nous indique? Que ces nations devraient avoir près de trois fois plus d’immigrants illégaux que ce qu’ils ont actuellement.

L’extraordinaire constatation des chiffres économiques

                    Distingués visiteurs: cette situation deviendrait encore plus dramatique si nous faisions le compte, de 2004, du Produit Brut Interne par habitant de ces nations et les comparerions avec le Produit Brut Interne par habitant de notre pays. Notez que le PIB de ces nations est entre 12 et 18 fois plus élevé que le PIB de la République Dominicaine. En économie il existe le mot cetaris paribus qui indique que, pour pouvoir faire une comparaison valide, il faut avoir une projection où les variantes principales sont égales. La situation de ces pays super développés serait beaucoup plus dramatique si nous assumons que la République Dominicaine aurait un PIB par habitant semblable à celui des pays de l’Europe et des États-Unis. Ou, au contraire, que ces nations auraient un PIB similaire à celui qu’à actuellement la République Dominicaine.

L’industrie de la construction et le tourisme

                    Si, comme plusieurs citoyens dominico-haïtiens et -certains citoyens dominicains-, notre pays est majoritairement raciste et anti-haïtien, comment alors est-ce possible que les deux secteurs qui paient de beaucoup les meilleurs salaires au pays soient totalement contrôlés par les citoyens haïtiens et les immigrants illégaux. C’est le cas de l’industrie de la construction, où plus de 70% des travailleurs sont majoritairement des immigrés illégaux, et du secteur touristique, qui est contrôlé, dans plus de 50%, par des citoyens haïtiens, certains légaux et la majorité illégaux. Est-ce que ceci est typique d’une nation raciste et anti-haïtienne? Cette question prend une dimension plus grande quand nous prenons en considération que notre chômage global est près de 16% et que le manque d’emplois pour les jeunes de 16 à 24 ans dépasse le 25%.
                    Une autre question pertinente : est-ce qu’il existe en Europe ou aux États-Unis un pays où les immigrants illégaux contrôlent ses deux industries principales? L’attitude dominicaine prend davantage une dimension majeure quand nous présentons (choses que parfois par faux orgueil nous voulons cacher) la pénible charge sociale que nous avons, indépendamment de l’immigration qui vient d’Haïti.

L’inquiétante charge sociale et économique de la République Dominicaine.

                    Dans un vaste travail publié voilà quatre mois sur la réalité sociale de l’Amérique Latine, écrit par le docteur José Luis Machinea, directeur exécutif de CEPAL, on nous présente la réalité sociale de notre pays en 2004. Ce document montre que 48% des citoyens dominicains vivaient, en 2004, avec 2 dollars, c’est-à-dire, 70 pesos ou moins par jour et que, de ce 48%, 24% subsistait avec moins de 1 dollar par jour (33 pesos par jour). Nous devons accepter deux situations : 1.- qu’un très grand pourcentage de nos citoyens son, conformément à la terminologie de la sociologie internationale, marginés – ceux qui gagnent deux dollars par jour – ou socialement exclus – ceux qui gagnent moins d‘un dollar par jour-; et 2- que cette situation n’est pas propre aux immigrants illégaux mais partagée avec les citoyens dominicains les plus pauvres et défavorisés.


Des organisations haïtiennes demandent aux Évêques haïtiens et dominicains d'intervenir pour que cessent les attaques et les discriminations contre les Haïtiens.

Espacinsular. http://www.espacinsular.org/spip.php?article3387
Saint-Domingue. 17 avril de 2007. - des Organisations haïtiennes ont demandé aujourd'hui aux Évêques dominicains et haïtiens qui se réunissent cette semaine à Port-au-Prince, la capitale haïtienne, d'intervenir pour que cessent les persécutions, les discriminations et les attaques contre la Communauté haïtienne en République dominicaine et expriment leur solidarité en faveur de la dominicaine d'ascendance haïtienne, Sonia Pierre, victime de ces attaques et de tentatives pour lui enlever la nationalité créole. Les organismes ont envoyé une lettre ouverte aux Évêques dominicains et haïtiens que se réunissent cette semaine dans la capitale haïtienne pour analyser des aspects religieux de l'île et les échanges qui se produisent par le biais des Conférences des Évêques des deux nations qui partagent l'île. José Luis Soto.


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III. Nouvelles internes

BIENVENUE À NOTRE NOUVEL AGENT DE LIAISON, ROMAIN ANGELES:

                    Romain Angeles, notre nouvel agent de liaison a rejoint l’équipe du Comité québécois. Il remplacera notre ancienne collègue Diana Toffa. Romain nous apporte une très grande aide. Bienvenue à toi Romain et merci !


DEMANDE DE DONS ET DE BÉNÉVOLES

                    Nous lançons un appel à tous nos membres et sympathisants afin de recueillir vos dons de toutes sortes, matériels ou financiers. En tant qu’organisme à but non lucratif, nous comptons beaucoup sur votre générosité. Si vous préférez plutôt donner du temps, sachez que le Comité québécois est à la recherche de bénévoles pour des tâches en bureautique ou en soutien général. N’hésitez pas à faire circuler le mot dans votre entourage! Pour faire un don au Comité québécois ou pour obtenir plus d’informations, veuillez communiquer avec nous par téléphone au (514) 523-2434. Pour recevoir un reçu de charité, déductible d’impôt, veuillez SVP libeller votre chèque à l’ordre de Comité haïtien / Paroisse Sacré-Cœur.


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Lancement prochain à Montréal d’un livre traitant des conditions de vie des travailleurs haïtiens en République-Dominicaine
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                    Madame Hélène Koscielniak, une écrivaine ontarienne vous invite en collaboration avec le Comité Québécois au lancement de son nouveau roman Marraine (publié par les Éditions L’Interligne d’Ottawa). Le roman relate la situation des travailleurs haïtiens en République Dominicaine. La date et le lieu du lancement vous seront bientôt communiqués dans un bulletin spécial de La Machette. Pour plus d’informations sur son livre, allez sur ce lien :

http://www.univhearst.edu/salondulivredehearst/auteurs/hkoscielniak.html


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IV. Annonces communautaires:

LANCEMENT PROCHAIN DU DOCUMENTAIRE LÒT BÒ DLO

                    Ce documentaire relate l’histoire de jeunes Haïtiennes et Haïtiens : Judith, Wilfrid, Wilmer, Syralyen, Duclas, Kinner et Emmanuel qui ont entrepris la grande traversée d’Haïti, jusqu’en République dominicaine. Ils ont traversé la rivière en quête d’une vie meilleure, il y a un an, il y a 10 ans… Dans ce documentaire choc, la parole leur est laissée. Ils partagent avec le public leur touchante histoire parsemée de peines, d’embûches, mais aussi de petites joies vécues lors de cette traversée Lòt bò dlo.
                    Nancy Carrier et Alexandre Poupart ont co-réalisé Lòt bò dlo. Tous deux gravitent autour de la coopération internationale depuis plusieurs années. Dans ce court-métrage, ils ont uni la connaissance du pays et de ses habitants pour l’une et l’amour de l’image pour l’autre.
Suivez régulièrement nos annonces pour plus d’informations sur le lancement officiel du documentaire.


24ème VOYAGE ANNUEL - FAITES L'EXPÉRIENCE DU TIERS MONDE 2007

Semaine du 2 au 7 juillet 2007
                    Passez une semaine dans les bateyes de la République dominicaine.
L'hébergement et les repas sont offerts près des bateyes dans un collège résidentiel pour enseignants dirigé par des religieuses.
Renseignements : suzanne.hope@sympatico.ca


KATASOHO, Imprimerie et design

                    Pour tous vos besoins d’impression, contactez Chadi Marouf, designer :,6300, ave. du Parc, suite 312, Montréal. Tél. (514) 788-1661, Cellulaire: (514) 961-5238, Courriel : chadi@katasoho.com. Site Internet : www.katasoho.com


IDÉE CADEAU

                    Vous cherchez un cadeau original pour moins de 50$*!!! Près de chez vous à Montréal : Tapisseries et tableaux d'artistes haïtiens, bungas, sculptures de bois, robes, chemises 'pepe bayard', venus tout droit de l'île. Pour plus d'information, contacter Xaragua Internationale inc. au (514)-345-8216, laissez vos noms et coordonnées ou écrire à contact@xaraguainternationale.com.
*Une partie des bénéfices est versée au profit du Comité québécois.



Prochaine édition de La Machette
                    La prochaine édition de La Machette sera publiée le vendredi 25 Mai 2007.
Annonces, questions, commentaires, suggestions? N’hésitez pas à communiquer avec nous!
Pour appuyer l’action du Comité québécois, nous vous invitons à naviguer notre site Web et vous demandons d'encourager vos amis à en faire autant aux adresses suivantes : www.geocities.com/cqrd et www.multimania.com/cqrdthrd


Équipe de La Machette
Édition : Pérard Joseph;
Coordination : Matthieu Bappel;
Rédaction : Matthieu Bappel;
Révision et correction : Matthieu Bappel, Pérard Joseph, Simone Hénault, Romain Angeles;
Recherche : René Viaud; Mélanie Lippé, Nourredine Salhi, Edwin Paraison, Matthieu Bappel
Collaboration : Tess Brais-Laflamme, Ilionor Louis, Radio Classique Inter.
Traduction : Simone Hénault.
Conception graphique : Antoine Dang-vu, Dru Oja Jay,
Documentation site Internet : Maxime Dallaire, Dru Oja Jay,
Archives des anciens numéros : www.geocities.com/cqrd



Pour des raisons d’allégement de texte, le masculin a été uniquement utilisé.